Alors que les travaux de réhabilitation de l’axe reliant le Mega Mall à l’ancien hôtel Lékoni Palace devaient désenclaver cette zone sinistrée de la capitale du Haut-Ogooué, le constat est amer : avant même sa livraison officielle, la route tombe déjà en lambeaux. Entre malfaçons et érosion galopante, les riverains crient à l’amateurisme.À Franceville, l’espoir a laissé place à une sourde colère. Dans le Quartier Sable, les populations qui espéraient voir la fin d’un long calvaire routier se retrouvent aujourd’hui face à un spectacle de désolation.

L’axe stratégique qui serpente depuis le Mega Mall jusqu’aux abords de l’emblématique — mais vieillissant — hôtel Lékoni Palace, est en train de redevenir un sentier impraticable.​Pourtant, une entreprise pendant la Transition avait été commise pour stabiliser la zone, durement frappée par un éboulement spectaculaire il y a quelques années. Mais sur le terrain, le « neuf » a déjà des airs de ruine.Un béton qui s’effrite, une ferraille à nu:​Le constat visuel est sans appel : la chaussée, censée être renforcée, ne résiste pas aux premières intempéries. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, le bitume et les structures de soutènement montrent des signes de fatigue prématurés. « On voit le fer ressortir du béton, et le goudron s’effrite comme du sable », s’indigne un riverain, pointant du doigt les crevasses qui se forment sous l’effet du ruissellement.​

L’érosion, véritable fléau dans cette région aux reliefs accidentés, est en train de reprendre ses droits, grignotant les remblais qui semblaient pourtant avoir été consolidés. Pour les observateurs locaux, la question de la qualité des matériaux et du respect des normes techniques est ouvertement posée.Livraison fantôme et interrogations:​Plus grave encore, alors que le chantier est à l’arrêt, aucune livraison définitive n’a été officiellement actée. Un flou artistique qui exaspère les usagers. « Comment peut-on abandonner un chantier dans cet état ? C’est de l’argent jeté par les fenêtres », fustige un conducteur de taxi, habitué à slalomer entre les nids-de-poule précoces.​Dans les salons feutrés de « Masuku », certains s’interrogent sur le suivi des chantiers publics. Cette situation au Quartier Sable remet au goût du jour la problématique de la durabilité des infrastructures au Gabon, où le climat équatorial ne pardonne aucune approximation technique.​Pour l’heure, les populations n’ont d’autre choix que de s’en remettre à la providence, ou à une réaction rapide des autorités de la pour sommer l’entreprise prestataire de reprendre les travaux avant que la route ne soit totalement emportée par les prochaines pluies.


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