La paisible localité de Fougamou, dans la province de la Ngounié, est en proie à un phénomène qui défraie la chronique et alimente toutes les conversations dans les maquis. Un réseau de femmes, décrit par les témoins comme particulièrement séduisant et organisé, s’est spécialisé dans le détroussage ciblé d’hommes mariés et, plus spécifiquement, d’orpailleurs à la bourse pleine. Le mode opératoire, d’une efficacité redoutable, suit une chorégraphie immuable : une approche charmeuse, une mise en confiance rapide, suivie d’une soirée bien arrosée dans les bistrots de la place avant de conclure dans l’intimité d’une chambre d’hôtel.Le réveil est brutal pour ces « proies » d’un soir.
Au petit matin, les victimes constatent non seulement la disparition de leurs compagnes de fortune, mais aussi celle de leurs biens : numéraire, bijoux en or issus des placers voisins et téléphones portables se volatilisent. Au-delà du préjudice matériel, c’est un véritable naufrage moral pour ces notables et travailleurs de l’or, souvent contraints au silence par la honte et la peur du scandale conjugal. Cette criminalité « de velours », qui joue sur les ressorts de la vanité et de la libido, installe un climat de paranoïa dans cette cité stratégique située sur l’axe routier national.Face à la multiplication des plaintes, souvent déposées sous le sceau de l’anonymat, la gendarmerie nationale a décidé de placer la ville sous haute surveillance.
Des patrouilles plus fréquentes et une veille accrue autour des établissements de nuit ont été instaurées pour tenter de démanteler ce gang de « veuves noires » des temps modernes. Alors que les habitants réclament des arrestations exemplaires pour restaurer l’honneur de la cité, l’affaire de Fougamou illustre les dérives d’une économie de rente minière où l’argent facile attire une délinquance ingénieuse, prête à tout pour capter les dividendes de l’or.


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