C’est un geste à forte charge symbolique, mêlant rituels ancestraux et promesses de modernité, qui a marqué le lancement officiel du projet d’électrification du département de la Djoué-Onga, dans la province du Haut-Ogooué. Sous un soleil de plomb et l’ombre bienvenue d’un chapiteau, les chefs de terre, les élus locaux et les représentants de la haute administration se sont réunis pour célébrer le réveil d’un chantier attendu depuis plus d’une décennie.
Un Projet Déterré après Dix Ans d’Inertie:
Initié pour la première fois en 2013, le projet d’électrification de la zone avait été brusquement interrompu à Aligah, laissant les populations locales dans l’expectative et l’obscurité. Un scénario de chantiers « éléphants blancs » trop souvent vécu dans l’arrière-pays gabonais, mais que les nouvelles autorités de la transition entendent désormais conjurer.« L’électricité, comme l’eau, est un besoin de base. Son absence freine l’indice de développement humain dans notre pays », a rappelé Assari de Ndouna Platini, représentant politique du président Brice Clotaire Oligui Nguema. Pour ce dernier, la relance de ces travaux, qui débuteront officiellement au village Ossélé pour s’étendre à l’ensemble du département, marque une volonté ferme de « rétablir l’équilibre et la justice sociale » à travers les territoires.
L’événement n’était pas seulement institutionnel ; il a vibré au son des chants et des incantations. La cérémonie de bénédiction rituelle du site, en présence de notables tels que Patrice Ongandja, chef de regroupement, souligne l’importance de l’adhésion communautaire dans les grands projets structurants. Pour les anciens, l’installation imminente des pylônes électriques n’est pas qu’une affaire de câbles et de volts ; c’est une reconnaissance de leur dignité et une opportunité économique pour la jeunesse du département.Si les défis techniques demeurent — notamment le relief escarpé de certaines zones du Haut-Ogooué — le signal envoyé par Libreville est clair : aucun département ne doit être laissé pour compte dans le Gabon nouveau.


Commentaires