Le soulagement aura été de courte durée pour les anciens résidents de Plaine Orety. Déplacés vers le site de Bikele Nzong après les opérations de déguerpissement visant à assainir le centre-ville de Libreville, ces foyers se retrouvent aujourd’hui face à une injonction financière inattendue. L’administration exigerait désormais le paiement d’un loyer mensuel de 50 000 francs CFA pour l’occupation des nouveaux logements. Pour ces familles, dont beaucoup ont tout perdu dans la démolition de leurs anciens quartiers, cette charge locative est perçue comme une double peine, transformant une solution de recasement social en un fardeau économique insupportable.
L’incompréhension domine les échanges sur le site de Bikele Nzong, où les plus démunis ont choisi de dire « niet » à ce qu’ils considèrent comme une rupture du contrat de solidarité nationale. Les collectifs de riverains dénoncent une mesure déconnectée de la réalité de terrain, arguant que le statut de « victime de déguerpissement » devrait normalement ouvrir droit à une compensation pérenne ou, à défaut, à un accompagnement gracieux le temps d’une réinsertion socio-économique. Face à l’impossibilité de s’acquitter de cette somme, le spectre d’une nouvelle précarité plane sur ces populations qui craignent désormais d’être expulsées de leur terre d’accueil.Dans cette impasse qui menace la paix sociale de cette nouvelle périphérie urbaine, tous les regards se tournent vers le palais du Bord de mer.
Les résidents appellent solennellement à l’intervention directe du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, pour arbitrer ce différend. En invoquant l’arbitrage présidentiel, les déguerpis de Plaine Orety espèrent une annulation pure et simple de cette redevance ou une transformation des loyers en une option d’accession à la propriété à coût symbolique. Pour le pouvoir en place, la gestion de ce dossier à Bikele Nzong sera un test de cohérence entre les impératifs de modernisation urbaine et la protection des couches les plus vulnérables de la société gabonaise.


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