C’est un séisme qui secoue les pelouses du Gabon, une onde de choc dont les répercussions promettent de redéfinir durablement le paysage sportif national. Le ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany, a tranché : l’ère de la perfusion étatique permanente touche à sa fin. Sur instruction de la présidence, le gouvernement annonce le désengagement progressif des subventions publiques aux clubs de football. Dès la saison prochaine, les écuries du National Foot devront s’arracher à la tutelle financière de l’État pour embrasser les réalités, parfois brutales mais nécessaires, de l’autonomie de gestion. Une décision qui ressemble à un sevrage forcé pour un football local trop longtemps habitué à l’assistanat.Loin d’être une simple coupe budgétaire, cette réforme s’accompagne de l’instauration d’un nouveau cadre juridique strict.
Désormais, la participation au championnat sera conditionnée par une conformité rigoureuse aux standards de professionnalisation. Seuls les clubs capables de présenter des garanties financières solides, des structures administratives viables et un modèle économique cohérent pourront prétendre à une place dans l’élite. Pour les dirigeants sportifs, le défi est immense : il s’agit de transformer des associations souvent fragiles en véritables entreprises sportives, capables de séduire sponsors, partenaires et investisseurs privés pour assurer leur survie.Cette révolution historique marque peut-être enfin l’avènement d’un football gabonais mature et compétitif.
En imposant cette marche vers l’indépendance, les autorités font le pari de la méritocratie et de la structuration de fond. Si le passage de témoin entre l’argent public et les ressources propres s’annonce périlleux pour certains clubs historiques, il est le prix à payer pour sortir le « National Foot » de l’instabilité chronique et des grèves de joueurs à répétition. Reste à savoir si le secteur privé répondra à l’appel et si les clubs sauront négocier ce virage sans précédent pour ne pas rester sur le bord de la route.


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