À Libreville, l’épineux dossier du foncier change de braquet. Ce 11 février, le ministre du Logement et de l’Urbanisme, Mays Mouissi, a réuni une commission ad hoc pour peaufiner les derniers réglages d’une réforme d’envergure : l’Opération de Régularisation Foncière de Masse (RFM). L’objectif affiché est titanesque pour l’administration gabonaise : délivrer 50 000 titres fonciers au cours de la seule année 2026. Un virage stratégique qui vise à transformer un système cadastral souvent jugé opaque en un levier de sécurité juridique pour les citoyens.Le top départ de cette offensive sera donné le lundi 16 février à Akanda, plus précisément dans la zone de l’hôtel Heliconia (section YQ8).
Ce test grandeur nature servira de laboratoire pour éprouver les dispositifs techniques et organisationnels avant un déploiement national. En mobilisant les collectivités locales et des équipes de terrain renforcées, le gouvernement cherche à briser les lenteurs bureaucratiques qui, pendant des décennies, ont fait de la propriété foncière un parcours du combattant pour le Gabonais moyen.Au-delà de l’aspect technique, cette initiative revêt une dimension politique de premier plan.
En insistant sur la « transparence » et la « célérité », Mays Mouissi porte une promesse de justice sociale chère aux plus hautes autorités de l’État. Sécuriser les droits des occupants, c’est non seulement apaiser les tensions sociales liées aux litiges fonciers, mais aussi bancariser le patrimoine des ménages, offrant ainsi un nouveau souffle à l’économie domestique. Reste désormais à voir si la logistique suivra la cadence imposée par cette ambition de masse.


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