À Paris, les couloirs du Château de la Muette ont pris, du 26 au 28 janvier derniers, des accents gabonais. Eric Boumah, le Directeur Général des Impôts (DGI), y a représenté Libreville lors de la 6ème réunion du Forum mondial de l’OCDE sur la TVA. Pour le patron du fisc gabonais, ce rendez-vous n’était pas qu’une simple formalité protocolaire, mais une immersion stratégique dans le futur de la fiscalité mondiale. Créé en 2012, ce forum de haut niveau est devenu le laboratoire où se dessinent les nouvelles normes de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA), pilier central des recettes budgétaires de l’État.
Au cœur des débats, l’administration fiscale gabonaise a confronté ses méthodes aux défis vertigineux de l’économie immatérielle. Entre l’essor du commerce électronique, l’émergence complexe des crypto-actifs et l’irruption de l’intelligence artificielle dans les flux financiers, les modèles traditionnels de taxation sont mis à rude épreuve. En partageant ses analyses sur la gestion des risques de conformité, Eric Boumah a souligné la volonté du Gabon de ne plus subir la révolution numérique, mais d’en capter la juste valeur fiscale grâce à des mécanismes de déclaration des transactions modernisés.Cette offensive diplomatique et technique à Paris marque une étape clé dans la quête de souveraineté financière du Gabon.
En s’alignant sur les meilleures pratiques internationales de lutte contre la fraude à la TVA, Libreville cherche à optimiser son assiette fiscale sans alourdir la pression sur les contribuables locaux. Cette participation active démontre que le Gabon entend désormais jouer dans la cour des grands en matière de politique fiscale, misant sur la coopération internationale pour transformer son administration en une machine de guerre contre l’évasion fiscale.


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