Le Palais de la Rénovation bruisse d’une ambition nouvelle : celle de faire du Sud-Gabon le second poumon industriel du pays, capable de rivaliser avec le Haut-Ogooué. Sous l’impulsion directe du président Brice Clotaire Oligui Nguema, la province de la Nyanga sort de sa torpeur économique pour s’affirmer comme le futur hub extractif de la sous-région. Trois projets phares, longtemps restés au stade de promesses géologiques, cristallisent désormais cette volonté de rupture : le fer de Milingui, le marbre de Doussièguoussou et la potasse de Mayumba.
Pour Libreville, l’heure n’est plus à l’inventaire, mais à l’exploitation immédiate.La méthode Oligui Nguema impose un calendrier de fer. Lors des récentes audiences accordées aux opérateurs du secteur, le Chef de l’État a été clair : l’ère des concessions dormantes est révolue. Le marbre de Doussièguoussou et le gisement de fer de Milingui devraient entrer en phase de production dès la fin de l’année 2026. Ce coup d’accélérateur vise à transformer la physionomie de la Nyanga en un pôle industriel intégré, où l’extraction minière devient le moteur du désenclavement et de la création de valeur ajoutée locale.L’impact social de cette offensive minière est sans précédent pour la région. L’ensemble de ces initiatives pourrait générer entre 6 000 et 7 000 emplois directs et indirects. À lui seul, le projet de Milingui devrait absorber plus de 1 600 travailleurs, offrant une bouffée d’oxygène à une jeunesse locale en quête de perspectives. Pour le gouvernement de transition, transformer ces ressources en fiches de paie est le meilleur gage de stabilité politique et de lutte contre le chômage endémique.Sur le plan stratégique, la Nyanga offre un avantage logistique majeur : sa façade maritime. La mise en valeur de la potasse de Mayumba est intrinsèquement liée au développement du futur port en eaux profondes de la localité. Ce complexe portuaire sera la porte de sortie naturelle pour les minerais du Sud, évitant ainsi la saturation du port d’Owendo.
En diversifiant son panier minier — du fer à la potasse en passant par les roches ornementales — le Gabon renforce son assiette fiscale et se positionne comme un acteur industriel crédible, moins dépendant des seuls hydrocarbures.Cependant, le défi reste immense. La réussite de ce pôle minier dépendra de la capacité de l’État à fournir l’énergie nécessaire à ces industries gourmandes et à maintenir une cadence de travaux rigoureuse pour les infrastructures de transport. Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, la Nyanga est le laboratoire d’un modèle de développement où l’exploitation responsable des ressources finance directement la transformation sociale et structurelle du pays. Si le pari de 2026 est tenu, le Sud ne sera plus seulement une réserve de biodiversité, mais le moteur d’un Gabon qui reprend en main son destin minier.


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