Le football gabonais traverse une zone de turbulences où le terrain sportif s’efface devant les interrogations comptables. Au cœur de la polémique, la gestion des subventions allouées par la FIFA ces dernières années, notamment pour des projets d’infrastructure qui peinent à sortir de terre. Le cas d’une hypothétique « boutique officielle » des panthères, annoncée en grande pompe mais restée au stade de fantôme architectural, cristallise les tensions.
Pour de nombreux observateurs, la question est désormais frontale : où est passé l’argent destiné à la modernisation du football national ? Sous la présidence de Pierre-Alain Mounguengui, la Fédération Gabonaise de Football (FEGAFOOT) se retrouve sommée un temps soit peu de justifier l’usage de fonds qui semblent s’être évaporés dans les méandres bureaucratiques.
L’onde de choc venue de Brazzaville:
Le climat de suspicion est d’autant plus lourd que le voisin congolais vient de marquer un précédent judiciaire historique. À Brazzaville, la condamnation à perpétuité de Jean-Guy Blaise Mayolas, ex-patron de la FECOFOOT, pour détournement de fonds et blanchiment, a envoyé un signal fort à toutes les instances faîtières d’Afrique centrale. Le dossier congolais, portant notamment sur le siphonnage des subventions « Covid-19 » initialement dédiées au football féminin, trouve un écho particulier à Libreville. La FEGAFOOT a, elle aussi, perçu des centaines de millions de francs CFA au titre de l’aide d’urgence durant la pandémie, sans que l’impact réel sur les clubs et les petites catégories ne soit clairement palpable.
Une exigence de transparence avant de quitter définitivement le bateau:
Face à ces zones d’ombre, la pression monte pour une reddition des comptes rigoureuse. Le Gabon, à l’instar de plusieurs fédérations en Afrique et en Asie déjà épinglées par les instances de contrôle, ne pourra éternellement faire l’économie d’un audit indépendant. Au-delà de la simple gestion de la crise sanitaire, c’est tout le système de traçabilité des investissements de la FIFA qui est remis en question. Dans un contexte de refondation des institutions nationales, le milieu du ballon rond gabonais attend des réponses claires : l’argent du football doit retourner au football, sous peine de voir le discrédit s’installer durablement et de freiner l’éclosion d’une nouvelle génération de talents.


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