À la faveur d’un discours fleuve devant les cadres de l’administration ce 8 janvier 2026, le chef de l’État gabonais a précisé sa méthode : un septennat pour transformer le pays, loin de l’urgence immédiate, mais avec une exigence de résultats sur le terrain social.À Libreville, l’heure est à la pédagogie de la patience. Alors que les attentes des Gabonais demeurent vives, Brice Clotaire Oligui Nguema a profité de sa rencontre annuelle avec la haute administration pour fixer le cap des prochaines années. Le message est clair : le développement du Gabon ne sera pas un sprint, mais une course de fond.
La barre des sept ans:
En rappelant avec insistance que son projet de société s’étale sur un septennat, le président gabonais cherche avant tout à desserrer l’étau de la pression populaire. « Ne soyons pas pressés », a-t-il martelé, invitant ses concitoyens à une « meilleure implication » plutôt qu’à la contestation des délais. Pour le palais du Bord de mer, cette séquence de sept ans est le temps nécessaire pour stabiliser les fondamentaux économiques tout en menant des réformes structurelles profondes.Cette stratégie du « temps long » vise à donner de l’air à un gouvernement souvent sollicité sur tous les fronts, de la réfection des infrastructures à la lutte contre la vie chère. En demandant de la « patience », Oligui Nguema se pose en bâtisseur dont l’œuvre ne pourra être jugée qu’à l’horizon 2030.
Justice sociale et « Gabonisation » des salaires:
Toutefois, pour faire accepter cette patience, le chef de l’État sait qu’il doit offrir des gages immédiats de justice sociale. Il a ainsi jeté un pavé dans la mare du secteur privé en dénonçant les disparités salariales entre nationaux et expatriés.« Il est impératif de corriger cette situation », a-t-il affirmé, ciblant ces entreprises où, à compétences égales, la main-d’œuvre étrangère bénéficie toujours de traitements de faveur.Ce discours, aux accents souverainistes, résonne particulièrement auprès d’une jeunesse gabonaise diplômée qui se sent souvent lésée sur le marché du travail local. En s’attaquant à ce dossier sensible, le président renforce son image de garant de l’équité nationale.
Le déblocage des passifs:
Enfin, le dossier des retraités et des vacations — véritable serpent de mer de la gestion publique gabonaise — semble trouver une issue. L’État s’est engagé à solder la dernière tranche des rappels de retraites et l’intégralité des vacations dues.Une main tendue, certes, mais assortie d’une condition non négociable : l’audit. Une manière pour le pouvoir de signifier que si les dettes seront payées, l’époque des décaissements sans contrôle est révolue. Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, la « transformation » passe autant par la régularisation des situations sociales que par une rigueur budgétaire retrouvée.Reste à savoir si les Gabonais, dont le panier de la ménagère subit les contrecoups de la conjoncture mondiale, sauront se satisfaire de cette promesse de rendez-vous à long terme.


Commentaires