Depuis plus d’une quarantaine d’années, les gouvernements qui se sont succedés au Gabon ont semble-t-il négligé la construction des universités publiques. Pourtant, des projets d’envergure de construction ont fait l’objet de présentations, de lancement des travaux et d’une forte communication. De Libreville à Port-gentil, Oyem en passant par Mouila et Booué, les éléphants blancs sont visibles tels des trophées qui rappellent le mal qui a été fait à notre système éducatif.
Ce mal a récemment causé une véritable gêne au sein de l’Université des sciences de la Santé où les responsables à cause de la limitation des places, en particulier en médecine, n’ont pas pu prendre au-delà de 200 bacheliers sur les 800 postulants. Il est vrai que le ministre de l’Enseignement supérieur a évoqué l’idée d’ouvrir des places pour la formation en médecine dans d’autres établissements d’enseignement supérieur au Gabon, l’Université internationale de Libreville par exemple.Il a également évoqué la possibilité d’ouvrir des formations y relatives à l’École normale supérieure d’enseignement technique (Enset), à l’École normale supérieure (ENS) et à l’Institut national des sciences de gestion (INSG).
Toutefois, cette solution palliative n’est qu’une goutte d’eau dans la mer. En effet, depuis une quarantaine d’années, le Gabon n’a plus construit aucune université publique. Tout le contraire, celles qui existent sont dans un état de délabrement avancé et font face à un flux important d’étudiants. Résultat, des effectifs pléthoriques sont enregistrés dans toutes les universités publiques du pays. À l’USS, selon le Doyen de la Faculté de Médecine, le Pr Jean François Meye, la faculté de Médecine ne peut actuellement que former seulement 60 étudiants. Or, ils sont chaque année 200 à s’ y inscrire.
C’est la preuve qu’au Gabon il y a urgence de restructurer, construire et étendre les universités publiques tout en les modernisant pour une meilleure compétitivité des étudiants gabonais à l’international. Mais surtout, afin de mettre fin à la fuite des cerveaux sous d’autres cieux et qui finissent par participer au développement d’autres pays au détriment du Gabon.


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