À Libreville, le temps n’est plus à la complaisance pour les anciens locataires du Palais. Interrogé par le média Brut, le porte-parole de la présidence, Théophane Nzame-Nze Biyoghe, a tenu à recadrer le débat entourant le sort de Noureddin Bongo Valentin et de l’ancienne première dame, Sylvia Bongo Valentin. Pour l’exécutif, leur détention n’est pas une question politique, mais une suite logique à la « libération » d’août 2023.
Les chefs d’accusation — détournement massif de deniers publics et falsification de la signature présidentielle — sont présentés comme les piliers d’un dossier judiciaire d’une gravité exceptionnelle, marquant une rupture nette avec l’impunité d’autrefois.Le message porté par le Palais est clair : la justice gabonaise doit désormais suivre son cours jusqu’à l’exécution totale des peines, sans interférence ni distraction. En affirmant que le pays est « fatigué » d’entendre ces noms, le porte-parole cherche à clore un chapitre jugé toxique pour la reconstruction nationale. Cette rhétorique vise à isoler les anciens membres de la « Young Team » en les présentant comme les vestiges d’un système obsolète, dont l’influence appartient désormais aux livres d’histoire.Au-delà des procédures pénales, c’est un procès en « nostalgie » que dresse la présidence à l’encontre de la famille déchue.
Pour Théophane Nzame-Nze Biyoghe, l’agitation médiatique autour de leur situation ne serait que le reflet d’un regret maladif d’une époque où ils dictaient, selon lui, le tempo de la vie nationale à leur guise. En martelant que « ce temps est révolu », le pouvoir actuel réaffirme sa priorité : détourner le regard des Gabonais des querelles dynastiques pour le porter vers les chantiers de la refonte de l’État.


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