Le ballet diplomatique entre le Gabon et la Chine s’intensifie au sommet de l’État. Ce dimanche 5 avril 2026, l’Assemblée nationale a ouvert ses portes à une délégation de haut rang du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale (APN) de Chine. Conduits par Wu Weihua, l’un des vice-présidents de l’institution chinoise, les émissaires de Pékin ont été accueillis avec tous les honneurs au pavillon présidentiel de l’aéroport Léon-Mba par Éloi Nzondo, premier vice-président de la chambre basse. Ce déploiement solennel souligne l’importance stratégique que revêt désormais la coopération interparlementaire dans l’architecture des relations bilatérales entre les deux nations.
Cette visite de réciprocité intervient moins de deux semaines après le séjour remarqué de Michel Régis Onanga M. Ndiaye, président de l’Assemblée nationale gabonaise, dans la capitale chinoise. Ce chassé-croisé diplomatique traduit une volonté de passer des accords de principe à une coopération organique et structurée. Pour Libreville, il ne s’agit plus seulement de subir les grands courants de la géopolitique mondiale, mais d’utiliser l’institution parlementaire comme un véritable levier d’influence pour capter les meilleures pratiques législatives et consolider les liens économiques avec le géant asiatique.Au cœur des échanges prévus durant ce séjour, le partage d’expertises institutionnelles et la modernisation des processus législatifs figurent en bonne place. Les députés gabonais et leurs homologues chinois entendent jeter les bases d’un cadre de concertation permanent, capable de soutenir les grands projets de développement commun. Cette dynamique, portée par le président Onanga M. Ndiaye, vise à faire de la diplomatie parlementaire un moteur complémentaire à l’action de l’exécutif, garantissant une meilleure résonance des accords d’État auprès des représentations nationales.
Enfin, l’arrivée de cette délégation de l’APN à Libreville confirme la solidité d’un partenariat historique qui ne cesse de s’étoffer. En donnant une dimension institutionnelle accrue à leurs échanges, le Gabon et la Chine s’inscrivent dans une vision de long terme fondée sur la stabilité et la confiance mutuelle. Ce rapprochement, qui touche désormais au cœur du pouvoir législatif, illustre la maturité d’une relation Sud-Sud qui cherche à se réinventer pour répondre aux défis contemporains, entre souveraineté renforcée et coopération stratégique.
Yolande ABORE


Commentaires