À Addis-Abeba, le siège de l’Union africaine a servi de théâtre à un succès diplomatique majeur pour Libreville. Ce 11 février 2026, au terme de la 48ème session ordinaire du Conseil exécutif, le Gabon a officiellement intégré le Conseil de paix et de sécurité (CPS), l’organe décisionnel permanent de l’organisation panafricaine pour la prévention et la gestion des conflits. Cette élection marque un retour en force sur l’échiquier continental, illustrant une volonté de repositionner le pays comme un pivot incontournable de l’architecture de sécurité en Afrique centrale.
Pour les autorités gabonaises, ce plébiscite par les États membres agit comme un brevet de respectabilité internationale. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema n’a d’ailleurs pas tardé à saluer une reconnaissance de la « crédibilité » et du « sérieux » de la diplomatie nationale. En coulisses, cette victoire est le fruit d’une offensive de charme menée auprès des capitales africaines, visant à démontrer que le Gabon reste un partenaire stable, capable de porter une voix médiatrice au sein d’une instance stratégique souvent dominée par les poids lourds du continent.
Désormais membre du CPS, le Gabon hérite d’un agenda dense dans un contexte régional marqué par des foyers de tension persistants. Libreville entend peser sur les mécanismes de sécurité collective, en mettant l’accent sur le règlement pacifique des différends et la prévention des crises. En réaffirmant son ambition de bâtir une « Afrique plus unie », le chef de l’État gabonais s’engage sur une voie exigeante : transformer ce succès symbolique en une influence concrète pour stabiliser une sous-région en quête de nouveaux souffles diplomatiques.


Commentaires