Libreville refuse de rester spectatrice face à l’embrasement du Moyen-Orient. Dans un communiqué officiel diffusé sur les ondes de Gabon 1ère, la diplomatie gabonaise a exprimé sa « vive préoccupation » face à l’escalade des tensions entre l’Iran et les monarchies du Golfe. Condamnant fermement les attaques visant les Émirats arabes unis, le gouvernement gabonais a dénoncé une violation manifeste du droit international. Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, dont la ligne extérieure prône le respect rigoureux de la souveraineté des États, ces hostilités ne sont pas seulement une menace régionale, mais un coup de canif porté à la stabilité globale des relations internationales.
Au-delà des principes juridiques, c’est le spectre d’une asphyxie économique qui inquiète Libreville. Le Gabon, acteur du marché pétrolier, sait que la sécurité du détroit d’Ormuz est le verrou de l’économie mondiale. Chaque jour, une part colossale des hydrocarbures mondiaux transite par ce corridor étroit, dont la fermeture ou la perturbation entraînerait une onde de choc immédiate sur les cours de l’énergie. En appelant à garantir la liberté de navigation, les autorités gabonaises rappellent que l’équilibre du Golfe est intrinsèquement lié à la santé financière des pays exportateurs d’or noir, dont le Gabon fait partie intégrante.En s’alignant sur une position de retenue et de dialogue, Libreville cherche à s’imposer comme une diplomatie mesurée, loin des bruits de bottes.
Cette solidarité affichée avec les États du Golfe, couplée à une exhortation à la désescalade, s’inscrit dans la nouvelle doctrine de « présence active » du pays sur la scène mondiale. Pour le Palais Rénovation, il s’agit de réaffirmer que dans un monde interdépendant, le règlement pacifique des différends n’est plus une option, mais une nécessité absolue pour éviter une spirale de confrontation aux conséquences imprévisibles pour l’économie africaine.


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