Dans le sillage des réformes structurelles engagées au sommet de l’État, le Gabon vient de remporter une victoire diplomatique et financière de premier ordre qui fera date dans les annales de la zone CEMAC. Au centre de ce bras de fer victorieux : le rapatriement des Fonds de Restauration des Sites (RES) constitués par les compagnies extractives. Au 31 décembre 2025, ces provisions, qui s’élevaient à 270 millions de dollars (soit environ 165 milliards de FCFA), étaient jusqu’alors domiciliées dans des places financières étrangères.
En obtenant leur retour effectif dans les coffres de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), Libreville ne se contente pas d’une opération comptable ; elle affirme sa souveraineté sur ses ressources post-exploitation.Ce dénouement est le fruit d’une « diplomatie financière » offensive et d’une fermeté remarquable face aux pressions et aux intimidations voilées des majors industrielles. En tenant tête à ces géants du secteur extractif, le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a transformé une exigence technique en un acte de courage politique. Cette décision met fin à une anomalie historique où des fonds destinés à la réhabilitation environnementale du sol gabonais servaient paradoxalement à alimenter les circuits financiers internationaux, loin des réalités et des besoins immédiats de la nation.L’impact de cette mesure dépasse largement les frontières nationales pour devenir un enjeu de stabilité monétaire régionale. Dans un contexte où le taux de couverture des réserves de change de la zone CEMAC traverse une zone de turbulences, l’injection de ces devises à la BEAC constitue une bouffée d’oxygène salvatrice.
En convertissant ces dollars en réserves de change créditées au compte du Gabon, le pays joue un rôle de locomotive et de stabilisateur pour la monnaie commune. C’est une réponse pragmatique et solidaire aux défis économiques et environnementaux auxquels l’ensemble de la sous-région est confronté.Premier pays de la zone à avoir mené et gagné ce combat pour la domiciliation locale des fonds techniques de restauration, le Gabon crée un précédent historique qui devrait, par effet domino, inspirer ses voisins. Ce modèle de gestion audacieuse des revenus de l’industrie extractive redéfinit les relations entre les États africains et les multinationales. Pour les observateurs avertis, cet acte marque une étape cruciale : celle d’un Gabon qui non seulement inspire sa zone monétaire, mais qui réaffirme surtout que l’intérêt supérieur du peuple et la préservation de son environnement ne sont plus négociables.


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