Lors de la traditionnelle cérémonie des vœux au corps diplomatique, le chef de l’État gabonais a lié la refondation de l’image du pays à l’aboutissement judiciaire des dossiers de corruption. En ligne de mire : l’exécution des peines frappant l’ancienne « Young Team » et la famille de l’ex-président.Le Palais Rénovation de Libreville a servi de cadre, ce mercredi, à une offensive diplomatique d’envergure. Face aux ambassadeurs et représentants des organisations internationales, Brice Clotaire Oligui Nguema n’a pas seulement sacrifié au rituel des vœux. Le président a profité de cette tribune pour réaffirmer sa doctrine de « restauration des valeurs », plaçant la lutte contre l’impunité au cœur de son contrat avec la communauté internationale.
L’ombre portée de l’affaire Sylvia et Noureddin:
Le moment fort de son allocution a sans aucun doute été l’évocation du dossier judiciaire qui a secoué les fondations du pouvoir de l’ancien régime. Pour la première fois de manière aussi solennelle devant le corps diplomatique, le chef de l’État a acté l’aboutissement de l’affaire impliquant l’ex-Première dame, Sylvia Bongo Valentin, et son fils, Noureddin Bongo Valentin.« Mon pays a connu l’aboutissement de l’affaire Sylvia et Noureddin Bongo Valentin. C’est le signal d’une lutte résolument engagée contre la corruption et l’impunité », a martelé le président.Pour Libreville, il ne s’agit plus de simple politique intérieure, mais d’une question de crédibilité sur la scène mondiale. En citant nommément les membres de l’ancienne famille présidentielle, Brice Clotaire Oligui Nguema marque une rupture définitive avec l’ère de « l’influence » qui prévalait au Palais durant la dernière décennie.
Un appel à l’entraide judiciaire internationale:
Conscient que la justice gabonaise ne peut agir seule lorsque les avoirs et les ramifications se trouvent hors des frontières nationales, le président a lancé un appel direct à ses partenaires étrangers. S’appuyant sur les accords d’entraide judiciaire liant le Gabon à divers États, il a exhorté les diplomates à faciliter l’exécution des sanctions prononcées par les tribunaux de Libreville.Cette demande de « concours actif » vise clairement à lever les obstacles aux gels des avoirs et à l’application des peines, alors que le Gabon cherche à rapatrier les fonds issus de la corruption pour financer ses grands projets d’infrastructures.
Le soutien discret mais précieux des « Amis du Gabon »:
Au-delà de la fermeté judiciaire, le chef de l’État a tenu à saluer la résilience diplomatique du pays. Il a exprimé une « reconnaissance particulière » au groupe Les Amis du Gabon. Ce cercle de partenaires, constitué pour accompagner le pays dans sa nouvelle ère de gouvernance, a été loué pour son accompagnement constant.Ce satisfecit présidentiel souligne l’importance de ce réseau de soutien dans la stabilisation de l’économie gabonaise et le retour en grâce du pays auprès des bailleurs de fonds internationaux.


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