Le bras de fer entre le gouvernement et le secteur de l’éducation nationale a franchi un nouveau cap ce samedi 31 janvier 2026. Malgré les annonces de l’exécutif, les enseignants ont réaffirmé leur décision de poursuivre, et même d’accentuer, leur mouvement de grève. Cette radicalisation pose une question cruciale : quelle sera la riposte des autorités ? Entre la menace des bons de caisse (suspension de salaire pour service non fait) et l’ouverture à de nouvelles concessions budgétaires, la marge de manœuvre semble de plus en plus étroite pour le ministre de l’Éducation nationale.Au cœur du litige se trouve le rythme de régularisation des situations administratives.
Le gouvernement a officiellement annoncé le traitement de plus de 6 000 dossiers cette année, sur un total impressionnant de 27 000 cas répertoriés. Le plan gouvernemental prévoit d’étaler le reste des régularisations sur les années à venir pour ne pas déséquilibrer les finances publiques. Cependant, cette proposition s’est heurtée à un refus catégorique des syndicats ce samedi. Les enseignants exigent un calendrier beaucoup plus serré et des garanties financières immédiates, jugeant le rythme actuel dérisoire face à des décennies d’attente.La posture du gouvernement est désormais scrutée de près. D’un côté, la tentation de la fermeté administrative est réelle pour briser la paralysie de l’école publique. L’activation des bons de caisse est souvent brandie comme l’ultime levier pour contraindre à la reprise des cours. De l’autre, se plier aux exigences des enseignants signifierait revoir totalement les priorités budgétaires de l’année 2026, au risque de fragiliser les engagements pris récemment auprès des institutions financières internationales comme le FMI.
Pour l’heure, le climat est à la crispation. Cette grève, qui commence à gagner d’autres secteurs par effet de contagion, met à rude épreuve la stratégie de « soveraineté et de transformation » du pays. Si le dialogue social semble rompu ce week-end, l’opinion publique s’interroge sur la capacité des deux parties à trouver un compromis réaliste. L’enjeu dépasse le simple cadre comptable : il s’agit de sauver l’année scolaire de milliers de jeunes Gabonais tout en préservant la stabilité sociale et la crédibilité de l’État.


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