À Abidjan, l’heure n’est plus à la simple sensibilisation, mais à une offensive rigoureuse contre l’insécurité routière. Étienne Kouakou, directeur de l’Office de Sécurité routière (OSER), a sonné la mobilisation lors d’une conférence de presse tenue ce mardi 17 février. L’objectif affiché par les autorités ivoiriennes est ambitieux : réduire de moitié la mortalité sur les routes à l’horizon 2030. Si la tendance globale montrait une amélioration notable — avec une baisse des décès passant de 1 614 en 2021 à 1 307 en 2025 — le début de l’année 2026 est venu doucher cet optimisme.
Avec 164 décès enregistrés entre le 1er janvier et le 11 février, soit une moyenne tragique de quatre morts par jour, le ministère des Transports se voit contraint de durcir le ton face à une recrudescence alarmante des accidents.Pour l’OSER, la bataille se jouera désormais sur le terrain de la répression et du contrôle technique. Etienne Kouakou a martelé un message d’inflexibilité : personne ne sera au-dessus des lois. Des célèbres « gbakas » et « massas » aux véhicules administratifs souvent perçus comme intouchables, tous les usagers seront soumis à la même rigueur réglementaire. Seules les unités de secours et les forces de défense en mission opérationnelle conservent leurs privilèges de circulation. Cette volonté d’équité devant la sanction vise à briser le cycle de l’impunité, notamment sur les axes interurbains où la vitesse et le mauvais état des véhicules continuent de faucher des vies.
Cette stratégie de rupture ne sort pas de nulle part ; elle s’inscrit dans le sillage de la Déclaration de Stockholm, érigeant la sécurité routière en priorité de développement. Au-delà des chiffres, c’est un changement profond de paradigme que tente d’imposer l’État ivoirien. En mettant l’accent sur le comportement des conducteurs et la fiabilité mécanique, les autorités espèrent susciter une prise de conscience collective durable. Sur le réseau routier ivoirien, la route vers 2030 est encore longue, mais elle passe inévitablement par une tolérance zéro pour transformer ce qui est aujourd’hui un risque quotidien en un espace de mobilité sécurisé.


Commentaires