D’Abidjan à San Pedro, le pays affiche une santé macroéconomique insolente, portée par une croissance de 7 % et des chantiers pharaoniques. Mais derrière la vitrine rutilante de l’émergence, le défi du partage de la valeur et de la pression de la dette reste entier.C’est un récit que les institutions de Bretton Woods citent volontiers en exemple. Depuis l’accession au pouvoir d’Alassane Ouattara en 2011, la Côte d’Ivoire a troqué ses treillis pour le costume de « lion africain ». Avec une croissance du PIB réel oscillant entre 6 % et 7 % en moyenne annuelle sur la dernière décennie, la locomotive de l’UEMOA ne se contente plus de rouler : elle accélère.
Le sacre des infrastructures:
Le visage d’Abidjan s’est métamorphosé. Ponts suspendus, extension des ports de commerce, stades de la CAN 2023 et, bientôt, le métro d’Abidjan : la stratégie de « l’économie de l’offre » est passée par là. Si l’agriculture de rente — cacao et anacarde en tête — reste le poumon du pays, le régime a réussi le pari de la diversification.L’entrée en scène du champ pétrolier et gazier Baleine, couplée au dynamisme de l’industrie extractive (or) et des services financiers, offre au pays une résilience nouvelle face aux chocs exogènes. La Côte d’Ivoire ne veut plus être qu’un simple verger ; elle ambitionne de devenir un hub industriel et énergétique régional.
L’équilibrisme budgétaire:
Pourtant, cette marche forcée vers le développement a un coût. La dette publique, qui représentait moins de 25 % du PIB en 2012, flirte aujourd’hui avec les 60 %. Si le FMI juge le risque de surendettement encore « modéré », la marge de manœuvre d’Abidjan s’est réduite.Pour financer ses ambitions, le « technocrate en chef » a dû faire preuve d’inventivité sur les marchés internationaux : -Eurobonds successifs. – Samouraï bonds (en yens). -Première émission historique en francs CFA sur les marchés internationaux.Les indicateurs sont au vert en Côte d’Ivoire, pour des années encore plus prospères.Le défi de 2026:Le gouvernement s’est engagé à ramener le déficit budgétaire à moins de 4 % dès 2026.
Un objectif ambitieux qui nécessitera des arbitrages douloureux entre rigueur comptable et investissements sociaux. Alors que l’horizon politique de 2026 s’approche avec des institutions acquises, Alassane Ouattara sait que son bilan a été merveilleusement jugé par les ivoiriens lors de la récente élection présidentielle qu’il a remporté haut la main. Mais le peuple compte encore un peu plus sur sa capacité à transformer ce succès macroéconomique en un mieux-être tangible pour chaque Ivoirien.


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