Le Conseil des ministres du 26 février, présidé par Brice Clotaire Oligui Nguema, a marqué une étape décisive dans la mue institutionnelle du pays. En actant la naissance de la Commission Nationale de la Démocratie et de la Participation Citoyenne (CNDPC), l’exécutif ne se contente pas de rebaptiser l’ancien Conseil National de la Démocratie. Il s’agit d’un arrimage stratégique à l’architecture de la Vème République, visant à sortir le dialogue politique de sa léthargie habituelle.
La véritable innovation réside dans la création d’un Observatoire technique intégré, chargé de passer au crible la vie politique et les campagnes électorales. En transformant cette instance en un centre de collecte et d’analyse de données, Libreville entend professionnaliser le suivi de ses dynamiques démocratiques pour en garantir, enfin, la stabilité.Parallèlement à ce chantier politique, le gouvernement s’attaque à un dossier brûlant de l’économie nationale : le transport ferroviaire. L’Autorité de Régulation des Transports Ferroviaires (ARTF) fait l’objet d’une réorganisation profonde, destinée à renforcer ses capacités opérationnelles. Dans un pays où le rail constitue l’épine dorsale de l’exportation minière et du transport de marchandises, l’ARTF se voit dotée de nouveaux pouvoirs juridiques et réglementaires. Cette clarification des compétences vise à transformer le régulateur en un gendarme du rail plus agile et mieux outillé, capable d’assurer sa mission de service public face aux géants industriels du secteur.
Ces deux réformes, bien que touchant des domaines distincts, participent d’une même volonté de reprise en main de l’État. Qu’il s’agisse de réguler le jeu politique ou de sécuriser les infrastructures stratégiques, le pouvoir actuel multiplie les ordonnances pour asseoir une gouvernance qu’il veut plus rigoureuse et ancrée dans la modernité. Pour les observateurs, le succès de ces nouvelles institutions dépendra de leur capacité à exercer leur indépendance réelle face aux enjeux de pouvoir. À Libreville, la structure change, reste désormais à observer si la pratique suivra le même rythme de transformation.


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