Le ton est à la fermeté au Palais du Bord de Mer. Lors du Conseil des ministres tenu ce 26 février 2026 sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema, le chef de l’État a tenu à « recadrer » personnellement le débat sur la suspension de certains réseaux sociaux. Loin d’être une simple mesure technique, cette décision est présentée par l’exécutif comme un acte de souveraineté visant à protéger l’ordre public et la dignité des institutions.
Pour les autorités, l’espace numérique était devenu le théâtre de campagnes de déstabilisation et de diffamation jugées inacceptables, nécessitant une réponse d’autorité pour préserver la cohésion nationale.Malgré le caractère restrictif de cette mesure, la présidence gabonaise se veut rassurante sur ses intentions à long terme. Le communiqué souligne que cette suspension est par nature « transitoire » et ne constitue pas une finalité en soi. En filigrane, il s’agit pour le gouvernement d’imposer un nouveau cadre de régulation, promettant que l’encadrement du numérique se fera dans le strict respect de l’État de droit. Cette posture illustre la volonté de Libreville de reprendre la main sur la narration politique nationale tout en instaurant des « garde-fous » contre ce qu’elle qualifie de manœuvres d’instrumentalisation politique.Sur le front économique, le Gabon semble parallèlement chercher à consolider sa crédibilité internationale.
Le chef de l’État a salué la présence à Libreville d’une mission du Fonds Monétaire International (FMI), marquant une étape clé après l’annonce faite à Brazzaville en janvier dernier. Ce rapprochement avec les institutions de Bretton Woods s’inscrit dans une stratégie de dialogue constructif visant à stabiliser les indicateurs macroéconomiques du pays. Entre rigueur sécuritaire à l’intérieur et offensive diplomatique financière à l’extérieur, le pouvoir gabonais tente de naviguer vers un équilibre complexe entre autorité et ouverture économique.


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