Le monde religieux gabonais est en pleine effervescence après les déclarations fracassantes du prophète Joël Francis Tatu. Lors d’une prédication à Libreville, le prophète congolais a affirmé avoir opéré un miracle digne des récits bibliques du prophète Élie. Selon ses dires, par la seule force du « Saint-Esprit », les réservoirs de plusieurs véhicules auraient été mystérieusement remplis de carburant, permettant à leurs propriétaires de circuler durant toute une semaine sans passer par une station-service.
Une annonce qui, si elle se veut spirituelle, se heurte aujourd’hui à un scepticisme grandissant au sein de la population gabonaise.Sur les réseaux sociaux, l’incrédulité l’emporte largement sur la ferveur. De nombreux internautes gabonais tournent en dérision cette « multiplication du pétrole », y voyant une mise en scène déconnectée des réalités économiques et physiques. Pour beaucoup, ce type de discours s’apparente à une dérive prophétique visant à captiver une audience vulnérable, alors même qu’aucune preuve concrète ou témoignage vérifiable n’est venu étayer ces affirmations. Le Gabonais, d’ordinaire très attaché aux valeurs religieuses, semble ici refuser de cautionner ce qu’il perçoit comme une surenchère miraculeuse.Cette affaire relance le débat sur la place des prophètes étrangers et la régulation des pratiques religieuses au Gabon.
En se comparant à une figure majeure de la Bible, Joël Francis Tatu a frappé les esprits, mais a surtout cristallisé les tensions entre foi et raison. Entre ceux qui croient à l’impossible par l’esprit et ceux qui dénoncent une manipulation médiatique, la fracture est nette. Au-delà du folklore, ce « miracle du carburant » pose la question de la responsabilité des leaders religieux face à une opinion publique de plus en plus prompte à exiger de la transparence, même dans le domaine du sacré.


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