Dans la guerre asymétrique que mène le Burkina Faso, la mobilité est devenue le nerf de la bataille urbaine et rurale. Ce lundi, le capitaine Ibrahim Traoré a franchi une nouvelle étape dans le renforcement du maillage sécuritaire du pays en remettant officiellement un lot de 2 000 motos à la Police nationale. Cette dotation massive, issue d’une « commande spéciale », s’inscrit dans une volonté de transformer la réactivité des forces de l’ordre face à l’insécurité galopante.Le choix du matériel ne doit rien au hasard. Les engins, de marque « Yento » — signifiant « Sécurité » en langue Gulmancema —, ont été spécifiquement sélectionnés pour leur capacité à naviguer dans des environnements complexes.

L’objectif stratégique est double : réduire drastiquement le temps d’intervention des unités de police et, surtout, briser les sanctuaires criminels dans les zones jusqu’ici jugées difficilement accessibles aux véhicules conventionnels.Cette acquisition est la matérialisation technique d’une vision politique portée par le Chef de l’État burkinabè, qui place la protection des populations au sommet de ses priorités. En dotant la police de moyens de projection rapide, Ouagadougou cherche à reprendre l’initiative sur le terrain, en opposant à la fluidité des groupes armés et des réseaux criminels une force de réaction tout aussi agile et omniprésente.In fine, ce réarmement logistique souligne l’accélération de la modernisation des forces de sécurité intérieure sous l’ère Traoré.
Au-delà de l’effet d’annonce, l’enjeu pour la Police nationale sera d’intégrer efficacement ces 2 000 montures dans ses schémas tactiques pour transformer ce gain de mobilité en résultats concrets sur le front de la sécurité publique. Pour le « Pays des hommes intègres », la reconquête du territoire passe désormais par une maîtrise totale de chaque sentier et de chaque ruelle.


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