À Libreville comme à l’intérieur du pays, le vrombissement des engins de chantier est devenu la bande-son de la transition. Pour concrétiser ses ambitions de modernisation, le palais de la Rénovation s’appuie sur une poignée de champions du BTP, mêlant expertise sous-régionale et montée en puissance du génie local. En tête d’affiche, le groupe burkinabè Ebomaf, piloté par le magnat Mahamadou Bonkoungou, confirme son statut de « roi des chantiers » sur le continent.
Déjà omniprésent en Afrique de l’Ouest, le géant des infrastructures a su s’imposer comme un partenaire de confiance pour Brice Clotaire Oligui Nguema, en prenant en charge des axes structurants où la rapidité d’exécution est érigée en dogme. S’ajoute également les géants SUMMA et Porteo Btp. Mais la domination des majors internationales est désormais talonnée par une nouvelle garde d’entreprises aux racines locales ou aux alliances stratégiques fortes. Le Consortium International des Travaux Publics (CITP) et BMC Architecture s’imposent comme des acteurs incontournables de cette mue urbaine. Tandis que CITP déploie ses capacités logistiques sur les grands corridors routiers, BMC apporte une touche de modernité architecturale aux projets de bâtiments publics et de logements.
Ces entreprises ne se contentent plus de sous-traiter ; elles pilotent des projets complexes, s’inscrivant dans la volonté des autorités de voir émerger un patronat gabonais du BTP capable de rivaliser avec les standards internationaux.Dans l’ombre de ces mastodontes, des structures comme Mika Service jouent un rôle crucial dans le maillage des infrastructures de proximité. Spécialisée dans les travaux publics et les services logistiques, cette entreprise illustre la diversification du tissu économique national. L’enjeu pour ces acteurs est colossal : transformer les milliards de francs CFA investis en routes durables, capables de résister au climat équatorial. Entre le renforcement des capacités de production d’Ebomaf et l’agilité des entreprises comme Mika Service, le Gabon parie sur un mix entrepreneurial diversifié pour sortir définitivement de l’enclavement et bâtir, kilomètre après kilomètre, le socle de son émergence économique.


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