PORTO-NOVO –
Dans une atmosphère empreinte de solennité et de fin de cycle, le président Patrice Talon s’est plié, ce mardi 23 décembre, à l’exercice constitutionnel du discours sur l’état de la nation. Devant les députés de l’Assemblée nationale, le chef de l’État a dressé le bilan de ses deux mandats, tout en préparant les esprits à la transition de 2026.À moins d’un an et demi de son départ du Palais de la Marina, Patrice Talon a choisi la posture du bâtisseur serein. Face à une représentation nationale attentive, il a vigoureusement défendu ses réformes, affirmant que le Bénin est désormais engagé sur une trajectoire de progrès structurels « visibles et irréversibles ».
L’un des moments les plus attendus de cette allocution concernait l’actualité sécuritaire brûlante du pays. Le président est revenu sur la tentative de coup d’État déjouée le 7 décembre dernier.Sans s’étendre sur les détails de l’instruction en cours ni sur l’état d’avancement des enquêtes judiciaires, Patrice Talon a tenu à rendre un hommage appuyé aux Forces de défense et de sécurité (FDS). Il a salué leur « loyauté exemplaire » et leur « professionnalisme », estimant que leur réaction a permis de préserver la stabilité des institutions républicaines face aux velléités de déstabilisation.Cap sur 2026 : Des élections « apaisées »Alors que le débat sur un éventuel troisième mandat a longtemps agité la classe politique, le chef de l’État a clos le chapitre avec fermeté. Réitérant son intention de respecter la limite constitutionnelle, il a promis de veiller personnellement à l’organisation d’un triple scrutin (législatif, communal et présidentiel) transparent et pacifique en 2026.
« Il faut savoir se quitter pour laisser la place à d’autres », a-t-il lancé avec une pointe de philosophie, marquant sa volonté de réussir sa sortie par la grande porte.Malgré l’autosatisfaction affichée par l’exécutif, ce discours intervient dans un climat politique qui reste polarisé. Si la majorité présidentielle salue la transformation économique du pays, l’opposition continue de dénoncer un rétrécissement de l’espace démocratique et une gestion sociale parfois jugée rigide.En concluant son adresse sur une note de transmission, Patrice Talon semble vouloir graver dans le marbre son héritage : celui d’un président qui a modernisé l’appareil d’État, tout en acceptant, le moment venu, de s’effacer devant le jeu démocratique.


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