Dans les dorures de l’avenue Foch, le silence est devenu pesant. L’image d’Épinal d’un Ali Bongo Ondimba (ABO) recouvrant sa liberté de mouvement après son départ du Gabon en mai 2025 s’est fracassée contre la froideur des procédures administratives européennes. Celui qui, jadis, parcourait le monde en jet privé, se retrouve aujourd’hui confronté à l’implacable réalité du voyageur ordinaire. En tentant de rallier Londres via l’Eurostar, l’ancien président s’est vu opposer une fin de recevoir par la police aux frontières française.
Motif : un dépassement de séjour autorisé couplé aux nouvelles exigences britanniques en matière d’autorisation de voyage électronique.Cette mésaventure migratoire révèle une solitude géographique et familiale inédite. Alors que son épouse, Sylvia Bongo Ondimba, et leurs enfants sont installés outre-Manche, un bras de mer transformé en muraille administrative sépare désormais le clan. Pour ABO, ce blocage n’est pas seulement une contrariété logistique ; c’est le signe d’un déclassement diplomatique où le passeport, fût-il diplomatique, ne protège plus des rigueurs du droit commun. À Londres, Sylvia Bongo se trouve elle-même prise au piège d’une « prison dorée » : quitter le Royaume-Uni pour rejoindre son époux reviendrait à risquer de ne plus pouvoir y revenir.Au-delà de l’anecdote, cette situation illustre la fin d’une ère d’exception. En étant réduit à l’échelle d’un « guichet », l’ancien pouvoir gabonais découvre la vulnérabilité de l’exil.
La médiation qui lui avait permis de quitter Libreville semble bien loin face à la mécanique administrative française et britannique, peu encline aux passe-droits dans un contexte migratoire tendu. Entre marbre et procédures, Ali Bongo Ondimba attend désormais une régularisation qui sonne comme un ultime rappel : en politique comme en droit, la validité d’un document reste, in fine, le seul véritable titre de souveraineté.


Commentaires