À Akanda, commune résidentielle située au nord de Libreville, l’axe reliant la pharmacie Cœur de Jésus au stade d’Angondjé prend des airs de serpent de mer administratif. Ce tronçon stratégique, censé fluidifier la circulation vers la zone d’Amissa, demeure inachevé malgré des lignes budgétaires pourtant débloquées. Initiés par le géant du BTP Sobea, les travaux, qui avaient suscité un regain d’espoir lors d’une brève reprise amorcée au début de la période actuelle, sont aujourd’hui retombés dans une léthargie inquiétante.
Entre poussière et bitume interrompu, cette voie devient le symbole des rendez-vous manqués entre l’administration des Travaux Publics et les attentes citoyennes.Le malaise est d’autant plus palpable que l’absence d’éclairage public transforme, à la nuit tombée, cette artère vitale en une zone d’insécurité pour les riverains. Pour les populations d’Akanda, le contraste est saisissant : comment une route bénéficiant d’un financement dédié peut-elle rester un « mystère » technique alors que les besoins de mobilité n’ont jamais été aussi pressants ? Sous le regard impuissant des habitants, le chantier semble s’être évaporé dans les méandres de la bureaucratie ou des arbitrages budgétaires opaques, laissant une infrastructure à moitié née au milieu d’un pôle urbain en pleine expansion.Au-delà de l’enjeu logistique, ce blocage interroge sur la capacité de l’État à mener à terme ses projets structurants en dehors des grands axes de prestige.
Si la fluidification du trafic est une priorité affichée par les autorités municipales et nationales, le tronçon Cœur de Jésus-Stade d’Angondjé fait figure de test de crédibilité. Dans l’attente d’une hypothétique reprise des engins de chantier, les Akandais scrutent l’horizon, se demandant si la finition de ce linaire relève de la volonté politique ou d’un simple mirage technique dans le paysage des travaux publics gabonais.


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