Les cartels de la drogue rivalisent d’ingéniosité pour contourner la vigilance des forces de l’ordre, quitte à pervertir les circuits d’approvisionnement les plus traditionnels. La dernière descente de l’Office central lutte anti-drogue (OCLAD) de l’Ogooué-Maritime à Port-Gentil en apporte une illustration édisifiante, mettant à nu un réseau qui utilisait des ballots de produits vivriers acheminés depuis Lambaréné pour masquer ses cargaisons illicites de cannabis au cœur de la capitale économique.L’opération, guidée par une minutieuse collecte de renseignements, a permis de neutraliser un suspect de 30 ans nommé Georges, intercepté aux premières heures de la matinée avant d’être conduit à son domicile du quartier Matanda.
La perquisition menée sur place par les enquêteurs a permis de mettre la main sur dix unités de chanvre indien prêtes à l’écoulement et sur une liasse de 30 000 francs CFA, fruits de premières transactions menées tambour battant dans la cité pétrolière.Les aveux du mis en cause ont rapidement levé le voile sur un stratagème logistique particulièrement vicieux, orchestré depuis Lambaréné par un mystérieux commanditaire surnommé « Damso ». Dissimulée au milieu d’arachides et de marchandises vivrières ordinaires pour tromper la vigilance des contrôles portuaires, la drogue était récupérée pour être reconditionnée en seize portions distinctes destinées à alimenter le marché clandestin local à un tarif dissuasif de 25 000 francs CFA l’unité.
Si le suspect venait de faire son entrée dans les fichiers de l’antidrogue, cette interpellation éclaire d’un jour nouveau les méthodes de contournement exploitées par les réseaux criminels dans l’hinterland. L’exploitation de cette prise par les enquêteurs de l’OCLAD devrait désormais permettre de remonter la filière jusqu’au fournisseur présumé, confirmant que le renseignement de proximité reste l’arme fatale pour déjouer les combines des trafiquants les plus audacieux.


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