Lors d’une audience présidentielle d’une gravité inédite à Libreville, réunissant des membres du Gouvernement, des directeurs généraux et les gestionnaires financiers des administrations publiques, le Président de la République, Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, a lancé une mise en garde historique contre les dérives de la parafiscalité. Face à un système devenu illisible et lourdement préjudiciable pour l’économie nationale, le Chef de l’État a employé un vocabulaire de rupture, qualifiant ouvertement ces pratiques de « racket institutionnel ». Cette sortie d’une fermeté absolue marque un coup d’arrêt définitif à l’anarchie financière qui régnait au sein de plusieurs entités publiques, posant les jalons d’une restructuration profonde du modèle de prélèvement de l’État.
Le diagnostic présidentiel met en lumière une réalité alarmante : des dizaines de taxes sont prélevées chaque année sur les opérateurs économiques sans que la totalité n’intègre les caisses du Trésor Public. Ce désordre se traduit par le recensement de trente-huit prélèvements parafiscaux distincts, orchestrés par douze autorités indépendantes qui agissent sans la moindre concertation. Ce manque flagrant de coordination expose un même commerçant à près de quinze inspections annuelles pour les mêmes produits, créant un harcèlement administratif qui asphyxie le secteur privé et alimente de façon mécanique la cherté de la vie au détriment du pouvoir d’achat du consommateur gabonais.Pour remédier à cette opacité, la présidence impose désormais une règle d’or non négociable : toute taxe doit obligatoirement reposer sur un texte publié et figurer explicitement dans la loi de finances. Par directive immédiate, tous les prélèvements illégaux dépourvus de base juridique sont suspendus, tandis que le Trésor Public est institué comme l’unique collecteur des recettes de l’État pour couper court aux circuits parallèles. Afin d’éviter l’effondrement opérationnel, les missions légitimes liées au contrôle sanitaire et à la sécurité alimentaire sont préservées, mais la multiplication des administrations exerçant le même contrôle pour lever la même taxe est définitivement bannie au profit d’un guichet unique de coordination.
Cette thérapie de choc s’inscrit dans la refonte des institutions portée par la Vᵉ République, visant à restaurer la crédibilité budgétaire et la lisibilité financière du Gabon auprès des investisseurs. Un calendrier strict a été dicté aux administrations : douze mois pour rendre un compte précis au peuple gabonais des sommes collectées, et vingt-quatre mois pour déployer une architecture cible à Libreville, Port-Gentil et Oyem. À terme, chaque opérateur économique bénéficiera d’une traçabilité absolue garantissant un seul interlocuteur, un seul contrôle et une seule quittance, scellant ainsi la fin définitive de l’arbitraire bureaucratique.


Commentaires