Le palais Léon Mba est devenu le théâtre d’un arbitrage stratégique pour l’avenir économique du pays. Dans la foulée des auditions du ministre de l’Intérieur, les députés membres de la Commission de la Planification ont reçu, ce mercredi 20 mai 2026, le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural, Pacôme Kossy. Au cœur de ce grand oral parlementaire : la défense de deux projets de loi de ratification d’ordonnances portant sur une refonte structurelle du secteur agropastoral gabonais. À travers cette démarche, l’exécutif affiche sa volonté de soumettre à la sanction des représentants du peuple une réorganisation profonde des leviers de l’État en matière de développement rural.
Le premier texte législatif consacre l’acte de naissance de la Société Agropastorale du Gabon (AGROPAG), tandis que le second scelle la dissolution définitive de la Société d’Agriculture et d’Élevage du Gabon (SAEG). Loin d’être un simple jeu de chaises musicales institutionnel, cette double manœuvre s’inscrit dans une logique de rationalisation chirurgicale de l’action publique et de mutualisation des ressources. Face aux élus, Pacôme Kossy a fait un diagnostic lucide du paradoxe gabonais : un pays doté d’un potentiel arable exceptionnel mais dont la production locale ploie encore sous le poids d’une dépendance chronique aux importations. AGROPAG est ainsi pensée pour devenir le nouveau bras armé de l’État, capable de structurer les filières de production et d’attirer les capitaux indispensables.L’extinction programmée de la SAEG et le transfert global de son patrimoine vers la nouvelle entité ont suscité un débat nourri sur les bancs de l’Assemblée Nationale. Les députés, fidèles à leur rôle de vigies de la République, n’ont pas manqué d’interpeller le membre du gouvernement sur les garanties de bonne gouvernance, la sécurisation des investissements futurs et les retombées concrètes pour le monde paysan.
En réponse à ces inquiétudes légitimes, le ministre de l’Agriculture s’est voulu rassurant, martelant que ce nouveau cadre managérial brisera les vieux démons de l’inertie en offrant un modèle d’accompagnement plus agile, moderne et protecteur pour les producteurs locaux.Clôturant cette session intense de clarifications, la présidente de la commission, Chantal Myboto épouse Gondjout, a rappelé avec gravité la responsabilité historique qui incombe au Parlement face à ce texte. Alors que les défis géopolitiques mondiaux rappellent l’urgence pour chaque nation de sécuriser son assiette, l’examen de cette réforme agropastorale dépasse le simple cadre technique. Pour la représentation nationale, veiller à la viabilité d’AGROPAG relève désormais d’un impératif de sécurité nationale, indispensable pour que la terre gabonaise nourrisse enfin ses enfants et s’affirme comme un pilier de la diversification économique.


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