L’administration gabonaise s’apprête à faire un saut qualitatif majeur vers l’ère du tout-numérique. Le ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark-Alexandre Doumba, a défendu avec vigueur devant les députés le projet de loi portant ratification de l’ordonnance du 29 janvier 2026 relative à l’archivage électronique. Auditionné par la Commission de la communication, de l’information et des technologies numériques, sous la présidence de l’honorable Jean Claver Lendoye, le membre du gouvernement est venu acter la mort programmée d’un cadre législatif datant de 2006, devenu totalement obsolète face à la vitesse de l’évolution technologique.
Cette réforme cruciale pose les jalons d’une gouvernance moderne, où le papier cède progressivement la place à des protocoles numériques sécurisés.Face à la Représentation nationale, les enjeux déclinés dépassent la simple technicité informatique pour toucher au cœur de la souveraineté administrative. Le texte examiné vise à sanctuariser la sécurité, la traçabilité et la conservation à long terme des documents électroniques produits par les services publics. Pour le ministre Doumba, il s’agit d’ancrer l’action publique dans les standards internationaux de la dématérialisation, réduisant ainsi les lenteurs bureaucratiques tout en optimisant l’accès à l’information. Cette mutation institutionnelle répond à une exigence d’efficacité globale, indispensable pour fluidifier les relations entre l’État, les citoyens et les opérateurs économiques.L’accueil favorable des commissaires n’a cependant pas fait l’économie d’un débat de fond légitime sur les zones d’ombre du dispositif. Les élus du peuple ont exprimé de vives inquiétudes quant à la cyber-sécurité, la protection des données sensibles et la garantie d’authenticité des pièces numérisées. L’avenir de la Direction des Archives nationales a également été au centre des discussions, certains députés craignant une marginalisation de cette institution historique.
En réponse, la tutelle a tenu à rassurer l’hémicycle en précisant que la réforme consacrait plutôt une coexistence stratégique entre les supports physiques traditionnels et les nouveaux outils numériques pour sauvegarder la mémoire de l’État.Preuve de l’importance capitale de ce texte, une commission Ad hoc a immédiatement été mise en place pour en examiner les moindres détails juridiques et techniques avant le vote final. La future loi prévoit déjà un encadrement strict des procédures de conservation, des protocoles de sécurisation stricts et un système d’agrément rigoureux pour les prestataires privés spécialisés dans la dématérialisation. En s’attaquant de front au chantier de l’archivage virtuel, le Gabon ne modernise pas seulement ses structures internes ; il pose les fondations d’un État plus transparent, plus résilient et outillé pour affronter les défis du XXIe siècle.


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