Le tête-à-tête entre Brice Clotaire Oligui Nguema et Emmanuel Macron à Nairobi aura scellé bien plus qu’un simple accord diplomatique : il a acté le basculement doctrinal du Gabon vers une économie de transformation. Devant son partenaire français, le Chef de l’Exécutif a défendu avec une fermeté assumée la fin progressive du modèle basé sur l’exportation brute des ressources naturelles. Cette nouvelle orientation place la création de valeur ajoutée locale au cœur de la stratégie nationale, avec l’ambition claire de convertir les richesses du sous-sol en levier de croissance industrielle, capable de générer des emplois durables et de renforcer l’autonomie économique du pays.
Le manganèse, pilier stratégique dont le Gabon figure parmi les leaders mondiaux, se retrouve en première ligne de cette révolution industrielle. Libreville n’entend plus se contenter d’être un simple site d’extraction minière alimentant les chaînes de valeur étrangères. L’objectif est désormais de développer une filière intégrée, où la transformation locale du minerai devient la règle. Cette volonté de rupture met fin à des décennies de dépendance aux marchés extérieurs et vise à capturer, sur le territoire national, la richesse produite par l’exploitation des ressources, marquant ainsi le passage d’une économie de rente à une économie de production.Cette mutation structurelle s’accompagne d’une exigence accrue envers les partenaires internationaux, notamment français, dans l’exécution des projets structurants. Qu’il s’agisse de transport, d’énergie, d’eau ou de ferroviaire, le Président de la République a insisté sur l’impérieuse nécessité d’accélérer les engagements déjà actés.
Pour Libreville, l’heure n’est plus aux promesses de long terme, mais à l’exécution immédiate. Cette célérité est jugée capitale pour convaincre les investisseurs que le Gabon se transforme en un véritable hub industriel régional, doté d’infrastructures modernes et capables de sécuriser des capitaux productifs.En définitive, le déploiement de cette nouvelle doctrine économique vise à bâtir un modèle national plus résilient et moins exposé aux chocs exogènes. En faisant de la souveraineté industrielle son nouveau mantra, le Chef de l’Exécutif engage le pays dans une dynamique de développement social et économique profonde. L’accélération de l’industrialisation n’est plus perçue comme un simple objectif sectoriel, mais comme le moteur essentiel d’une transformation globale de la société gabonaise, résolue à maîtriser son destin productif et à offrir des perspectives concrètes à sa jeunesse.


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