L’hémicycle de l’Assemblée Nationale a été, ce mardi 5 mai 2026, le théâtre d’un exercice de contrôle parlementaire de haute volée. François Ndong Obiang, ministre de la Réforme et des Relations avec les Institutions, s’est prêté à une audition décisive devant les députés, réunis dans la salle Jonas Assoumou. Au cœur des échanges : le projet de ratification de l’ordonnance portant création de la Commission Nationale de la Démocratie et de la Participation Citoyenne (CNDPC). Pour le membre du gouvernement, cette nouvelle instance ne se limite pas à un simple changement de façade, mais ambitionne de réinventer l’expression démocratique au Gabon en remplaçant un Conseil National de la Démocratie (CND) dont les missions appelaient une profonde mise à jour.
L’innovation majeure de la CNDPC réside dans son rôle de gardienne de l’inclusion sociale et politique. Au-delà de ses fonctions consultatives traditionnelles, la Commission sera investie d’une mission de surveillance rigoureuse du respect des quotas de représentation. Elle devra veiller à ce que les femmes et les jeunes ne soient plus de simples figurants, mais des acteurs de plein droit au sein des instances dirigeantes des partis politiques et sur les listes électorales législatives et locales. Cette approche vise à transformer durablement la culture politique gabonaise, en s’assurant que chaque composante de la société trouve sa juste place dans les centres de décision de la Nation.Cependant, cette mutation institutionnelle suscite des interrogations légitimes au sein de la représentation nationale. L’honorable Albertine Maganga Moussavou s’est faite l’écho des doutes de nombreux observateurs, s’interrogeant sur la capacité réelle de cet organe à s’imposer là où son prédécesseur a parfois manqué de poids. La question des moyens financiers, de l’autorité morale et de l’indépendance de la Commission a été au centre de l’argumentaire parlementaire. Pour y répondre, le président Michel Régis Onanga Ndiaye a préconisé une approche pragmatique en suggérant l’audition prochaine du président du CND actuel, afin d’opérer une autopsie lucide des obstacles passés et de ne pas reproduire les mêmes erreurs.
Sur le plan structurel, la CNDPC se veut une machine administrative robuste et transparente. Elle s’articulera autour d’une Assemblée plénière, d’un Secrétariat permanent et, surtout, d’un Observatoire de la vie démocratique appuyé par un comité technique d’experts nommés après appel à candidatures. Ce souci de technicité, couplé à une gestion comptable rigoureuse et des ressources diversifiées (subventions, dons et legs), dessine les contours d’une institution qui se veut à la fois moderne et résiliente. En somme, cette réforme portée par François Ndong Obiang représente un pari audacieux : celui de passer d’une démocratie de consultation à une démocratie de participation active, gage d’une stabilité institutionnelle durable pour le Gabon.
Yolande ABORE


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