La liaison maritime entre la capitale gabonaise et la cité pétrolière est devenue un véritable casse-tête financier pour les usagers, au point de redessiner les itinéraires de voyage dans le pays: Port-gentil – Libreville – Port-gentil. Face à l’envolée spectaculaire des prix des billets de ferry entre Libreville et Port-Gentil, une tendance inédite s’installe : de nombreux voyageurs choisissent désormais de rallier Lambaréné par la route pour ensuite rejoindre la presqu’île par voie fluviale. Ce détour stratégique, bien que plus long, s’impose comme l’unique alternative pour des milliers de foyers dont le budget transport est asphyxié par les tarifs pratiqués par les armateurs directs.
Dans le Moyen-Ogooué, les prix sont jugés nettement plus accessibles, avec des tarifs oscillant entre 15 000 et 20 000 XAF pour la classe économique, et plafonnant à 30 000 XAF pour la classe VIP. Un contraste saisissant avec la ligne directe Libreville-Port-Gentil, où les compagnies majeures, telles que Logimar 241 et NVG, affichent des tarifs compris entre 40 000 et 90 000 XAF. Cette fracture tarifaire transforme Lambaréné en une plateforme de transit incontournable, les voyageurs préférant accumuler les heures de trajet plutôt que de subir des coûts de traversée jugés exorbitants.Du côté des opérateurs maritimes, l’argumentation repose sur une réalité économique complexe : le coût du carburant industriel. Avec un litre avoisinant les 1 500 XAF pour les professionnels, les compagnies invoquent des frais d’exploitation colossaux, rappelant qu’un catamaran consomme des quantités astronomiques de gazole à chaque rotation. Pour ces acteurs du secteur, les tarifs actuels ne sont que le reflet d’une pression fiscale et énergétique qui ne facilite pas la viabilité des lignes directes, obligeant les armateurs à répercuter ces charges sur le client final.Cependant, pour les populations, cette situation devient insoutenable et freine la mobilité entre les deux poumons économiques du pays.
Les appels se multiplient en direction des autorités compétentes pour une régulation plus stricte du secteur et une éventuelle subvention du carburant marin, afin de ramener les prix à des niveaux plus raisonnables. Le détour par Lambaréné, s’il dépanne temporairement les usagers, souligne surtout l’urgence de repenser la connectivité nationale pour qu’elle ne soit plus un luxe, mais un service accessible à tous les Gabonais.


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