Le football gabonais s’apprête-t-il à vivre un nouveau séisme institutionnel ? À l’approche de l’élection à la Fédération gabonaise de football (Fegafoot), l’atmosphère à Libreville est devenue électrique, pour ne pas dire délétère. Entre accusations de verrouillage du scrutin, contestations des listes électorales et menaces de boycott, le processus semble s’enfoncer dans un chaos qui dépasse désormais le cadre des simples joutes de vestiaires. Face à cette poudrière, tous les regards se tournent vers le ministère des Sports, dont la capacité d’arbitrage est mise à rude épreuve.La marge de manœuvre de la tutelle est pourtant étroite, enserrée dans les principes de fer de la FIFA qui proscrit toute « ingérence politique » sous peine de suspension internationale.
Pourtant, le ministère ne peut rester simple spectateur d’un spectacle qui menace l’ordre public et l’image de la nation. Si le ministre ne peut dicter le nom du vainqueur, il dispose de leviers diplomatiques et administratifs pour exiger la transparence. L’enjeu est de taille : garantir que le futur président de la Fegafoot jouisse d’une légitimité incontestable pour mener à bien les réformes attendues par les supporters et les acteurs du ballon rond.Dans les états-majors des candidats, la tension est à son comble. La Coalition pour le Salut du Football Gabonais (CSFG) a déjà donné le ton en appelant à la mobilisation de rue, dénonçant un « passage en force » de l’équipe sortante qui comptabilise déjà 12 ans de gestion chaotique. Pour le ministère, le défi consiste à jouer les facilitateurs sans paraître prendre parti. Une médiation de la dernière chance semble inévitable pour accorder les violons sur les modalités du vote et éviter que le scrutin ne se transforme en un affrontement juridique interminable devant les instances de la CAF ou du Tribunal Arbitral du Sport (TAS).
Au-delà de cette crise conjoncturelle, c’est toute la gouvernance du sport roi qui est en question. Alors que le pays aspire à une renaissance institutionnelle, l’opacité persistante des structures fédérales fait désordre. Le ministère des Sports, garant de la politique sportive nationale, se retrouve face à une équation complexe : restaurer l’autorité de l’État sans s’attirer les foudres de Zurich. De l’issue de ce bras de fer dépendra la sérénité des prochaines campagnes des Panthères, dont la stabilité reste le dernier rempart contre le déclin définitif d’une discipline en crise de repères.


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