Libreville a vibré, ce samedi 28 mars, au rythme d’une mobilisation citoyenne d’une rare intensité. Sous l’impulsion de la plateforme Horizon, des centaines de femmes ont battu le pavé pour briser l’omerta entourant l’endométriose, cette pathologie longtemps restée dans l’angle mort de la santé publique au Gabon. Portée par une solidarité manifeste, cette marche de sensibilisation a transformé les artères de la capitale en un forum à ciel ouvert. En s’affichant aux côtés de l’association Endofigabon, les participantes ont envoyé un message sans équivoque : la douleur chronique des femmes ne doit plus être une fatalité silencieuse, mais une priorité nationale de santé.
Le caractère institutionnel de l’événement a souligné l’urgence de la cause. La présence remarquée de la ministre de la Santé, Joséphine Ayo épouse Bivigou, ainsi que celle du premier adjoint au maire de Libreville, Emmanuel Berre, témoigne d’une prise de conscience au sommet de l’État. En marchant coude à coude avec des artistes et des figures de la société civile, les décideurs ont semblé acter la nécessité d’une meilleure prise en charge médicale et d’un diagnostic plus précoce. Pour la plateforme Horizon, cet engagement des autorités est un premier pas crucial vers une structuration réelle des soins pour les milliers de Gabonaises souffrant de cette affection invalidante.Au-delà des slogans, c’est une véritable démonstration de force sociale qui s’est opérée. L’énergie déployée par les « femmes fortes » de la plateforme Horizon a permis de mettre en lumière le calvaire quotidien des patientes, souvent confrontées à l’incompréhension de leur entourage et du corps médical. La mobilisation visait non seulement à informer, mais aussi à lever les tabous socioculturels qui entourent encore trop souvent les questions de santé reproductive. Cette « énergie remarquable », saluée par les organisateurs, marque un tournant dans le plaidoyer pour les droits à la santé des femmes au Gabon, plaçant l’empathie au cœur de l’action publique.
L’essor vers la « félicité » prôné par les mouvements de transition actuels semble désormais inclure le bien-être physique et psychologique des citoyennes. En réussissant ce pari de la mobilisation, la plateforme Horizon se positionne comme un acteur incontournable du dialogue social. La suite de ce combat se jouera désormais dans les centres de santé et les laboratoires, où l’on attend des mesures concrètes pour que la marche de ce samedi ne reste pas qu’un symbole, mais devienne le catalyseur d’une réforme profonde du système de soins gynécologiques. Le silence est brisé ; reste maintenant à construire les solutions.


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