Le samedi 21 mars 2026, Libreville a vibré au rythme d’une joute oratoire d’un genre nouveau. La finale de la deuxième édition du concours « ELL’oquencE », organisée par l’ONG La Ruche des Idées, a confirmé que la parole des femmes n’est plus seulement une question de forme, mais un véritable instrument politique au Gabon. Sous le slogan évocateur de « la parole de la femme au service de la République », l’événement a transcendé le simple concours de rhétorique pour devenir une plateforme de plaidoyer où les maux de la société ont été soignés par les mots de candidates au sommet de leur art.
La présence remarquée du cabinet du ministère de la Jeunesse et de la Direction générale de l’Égalité des chances témoigne de l’institutionnalisation de ce rendez-vous. Pour l’exécutif gabonais, soutenir l’éloquence féminine est un choix stratégique : il s’agit de cultiver un vivier de leaders capables de porter le récit du « nouveau Gabon » sur la scène nationale et internationale. En honorant des profils comme Isabelle-Esther Ipendo, sacrée lauréate de cette édition, le pouvoir et la société civile s’accordent sur la nécessité de valoriser une « beauté intellectuelle » qui rompt avec les clichés traditionnels de la représentativité féminine.Le jury, présidé par la figure d’expérience Justine Minsta, a eu la lourde tâche de départager des finalistes dont les discours ont oscillé entre audace sociale et rigueur académique. Le succès de Véronique Mengue Me Ze (2ème prix) et de Sigolène Okome Ango (3ème prix et prix du public) souligne l’engouement populaire pour ces débats de fond.
Ce soutien massif du public librevillois démontre que l’appropriation citoyenne de la parole est une attente forte, particulièrement au sein d’une jeunesse et d’un électorat féminin de plus en plus exigeants sur la qualité du débat d’idées.Au-delà des trophées, « ELL’oquencE » s’impose désormais comme un baromètre de la vitalité démocratique du pays. En structurant ainsi un espace de libre expression encadré par des figures de la société civile telles que Charly Tchatch ou Jennifer Nupsia de Mayombo, l’ONG La Ruche des Idées participe à la construction d’une nouvelle élite intellectuelle.


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