Le Gabon entend sanctuariser son patrimoine mystique tout en purgeant les dérives barbares qui entachent son image. Lors de la clôture de la première session ordinaire de 2026 du Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel (CESEC), son président, Guy-Bertrand Mapangou, a lancé un appel à la fermeté absolue contre les crimes rituels. Qualifiant ces actes d’« atteintes graves à la dignité humaine », le CESEC exhorte le gouvernement à passer de la condamnation morale à une répression judiciaire implacable.
Bien que le Code pénal prévoie déjà la réclusion criminelle à perpétuité pour les meurtres avec prélèvement d’organes, l’institution préconise la création d’une cellule nationale d’enquête pour traquer non seulement les exécutants, mais surtout les commanditaires tapis dans l’ombre.Parallèlement à cette urgence sécuritaire, Libreville dessine une stratégie de valorisation de son or vert : l’Iboga. Sortant du cadre strictement rituel, la plante sacrée est désormais perçue comme un levier de diversification économique majeur. La conférence tenue à Libreville les 12 et 13 janvier 2026 a posé les jalons d’une filière nationale structurée, visant à protéger la plante contre l’exploitation illégale et le biopiratage.
Le CESEC recommande une approche multidimensionnelle intégrant la recherche scientifique, la transformation industrielle et une labellisation stricte pour garantir que les bénéfices de cette ressource profitent prioritairement au développement local et à l’économie verte du pays.Pour concrétiser cette ambition, le Conseil propose des mesures structurelles fortes, notamment la création d’un Institut national de recherche dédié et l’ouverture de partenariats scientifiques internationaux. L’idée est de transformer l’Iboga en un pilier de l’innovation médicale mondiale tout en préservant son ancrage traditionnel. La mise en place d’une ligne budgétaire spécifique témoigne de la volonté de l’État de ne plus laisser cette ressource aux mains de réseaux informels. En liant la lutte contre les crimes rituels à la protection de l’Iboga, le Gabon tente de réhabiliter son identité profonde : une nation qui honore ses racines sacrées tout en exigeant la rigueur d’un État de droit moderne.Moore, Journaliste stagiaire


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