C’est un dossier brûlant qui pèse sur le quotidien des Gabonais et, par extension, sur la popularité de l’exécutif. Lors de sa conférence de presse du 16 mars, Théophane Nzame-Nze Biyoghe, porte-parole de la Présidence, a abordé de front la crise persistante de la fourniture d’eau et d’électricité. Si le Palais reconnaît que l’accès à ces services de base constitue une « préoccupation majeure », il appelle toutefois à un certain réalisme. Tout en soulignant une amélioration progressive des capacités de production grâce aux investissements récents, le porte-parole a prévenu : la résolution complète des délestages et des pénuries ne sera pas immédiate, la faute à des « difficultés accumulées depuis plusieurs années » nécessitant une refonte structurelle du réseau.
Pour pallier l’urgence, Libreville mise sur des partenariats internationaux de haut vol, espérant ainsi rassurer les investisseurs et les usagers. L’annonce phare repose sur la signature d’un accord stratégique de plus de 131 milliards de FCFA entre la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) et le géant français Suez. Ce plan d’investissement massif ambitionne de moderniser l’ensemble de la chaîne de valeur de l’eau potable — de la production à la maintenance des réseaux — pour corriger des faiblesses techniques devenues chroniques. En s’appuyant sur l’expertise d’un leader mondial, le gouvernement gabonais tente de démontrer que la sortie de crise, bien que lente, est désormais solidement balisée.Enfin, l’exécutif s’attaque au volet plus impopulaire de la gestion du réseau : la lutte contre la fraude.
En revenant sur la publication récente concernant les branchements directs non régularisés, Théophane Nzame-Nze Biyoghe a nié toute volonté de « stigmatisation », préférant invoquer la nécessité d’un « équilibre du système ». Pour les autorités, la survie du modèle énergétique gabonais dépend d’une discipline de facturation stricte, indispensable pour financer les futurs investissements. Entre promesses de modernisation et appels à la régularisation des abonnés, Libreville tente une difficile équation : restaurer la confiance dans les services publics tout en exigeant des citoyens un respect rigoureux des règles commerciales.


Commentaires