Le contraste est saisissant. Alors que les Conseils municipaux se tiennent dans les différents arrondissements de la capitale, une note interne de l’Hôtel de Ville de Libreville serait venue doucher les ambitions des élus locaux. Pour l’exercice 2026, le budget de fonctionnement et de dépenses de chaque mairie d’arrondissement se verrait imposer un plafond drastique de 70 millions de FCFA. Une enveloppe que beaucoup jugent dérisoire au regard de l’immensité des défis urbains et des attentes pressantes des populations en matière de salubrité, d’éclairage public et de services de proximité.
Cette cure d’austérité budgétaire soulève, si elle est confirmée, une question fondamentale : quelle efficacité attendre de la décentralisation avec des moyens aussi limités ? Avec seulement 70 millions pour couvrir une année entière de charges de fonctionnement, les mairies risquent de se transformer en simples bureaux d’état civil, incapables d’initier la moindre action de terrain d’envergure. Pour les édiles locaux, l’exercice de 2026 s’apparente désormais à une mission impossible, où la gestion de la pénurie prendra le pas sur les projets de développement communautaire.L’Hôtel de Ville, en imposant ce plafond, semble vouloir centraliser les ressources, mais cette stratégie pourrait se retourner contre la propreté et l’attractivité de la cité.
Si la rigueur budgétaire est un impératif de gestion, l’asphyxie financière des arrondissements menace de paralyser le maillon le plus proche des Librevillois. Dans les couloirs des mairies de quartier, la grogne monte : sans un réajustement de ces dotations, l’année 2026 pourrait être marquée par une dégradation visible des services de base, rendant le bilan des maires d’arrondissement quasi indéfendable devant leurs administrés.


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