Le Saint-Siège remet le cap sur le continent. Dès le 13 avril 2026, le pape Léon XIV entamera une tournée africaine de dix jours dont la portée dépasse le cadre strictement pastoral. L’étape inaugurale en Algérie constitue, à elle seule, un événement historique : c’est la première fois qu’un souverain pontife foulera le sol algérien. Entre l’hommage mémoriel aux moines de Tibhirine et la célébration de l’héritage de Saint Augustin, Rome cherche à sceller un pacte de fraternité renouvelé avec le monde musulman, tout en consolidant la présence d’une église locale discrète mais résiliente.
Le voyage prendra une tournure plus politique au Cameroun, où le passage du Pape à Bamenda est déjà qualifié de « haut risque ». En se rendant au cœur des régions anglophones meurtries par des années de conflit séparatiste, Léon XIV délaisse le confort de Yaoundé pour s’imposer en médiateur moral. Ce geste fort, attendu par une population en quête de souffle, place le Vatican en première ligne face aux défis de la réconciliation nationale. Le message pontifical y sera scruté de près par les chancelleries internationales, tant la voix de l’Église reste l’un des rares canaux de dialogue encore audibles dans la crise anglophone.La tournée s’achèvera par un volet lusophone et hispanophone, avec des escales stratégiques en Angola et en Guinée équatoriale.
Dans ces deux pays, où les revenus pétroliers peinent souvent à ruisseler vers les plus démunis, le souverain pontife devrait troquer la diplomatie feutrée pour un plaidoyer en faveur de la justice sociale. En visitant des localités comme Muxima ou Mongomo, Léon XIV confirme que l’Afrique n’est plus seulement une terre de mission, mais le véritable centre de gravité d’une Église catholique qui entend peser sur les grands équilibres sociaux d’un continent en pleine mutation.


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