À Libreville, l’assurance reste de mise au sommet de l’État. Face aux critiques acerbes d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, le dernier Premier ministre d’Ali Bongo Ondimba, la présidence gabonaise a choisi la contre-offensive par le calme. Théophane Nzame-Nze Biyoghe, porte-parole du palais de la Rénovation, a balayé d’un revers de main les accusations de dérives autoritaires. Pour l’exécutif, la présence de l’ancien baron du régime déchu à la cérémonie officielle de septembre 2023, ainsi que ses audiences ultérieures avec les nouvelles autorités, témoignent d’une volonté d’inclusion qui contredit, selon eux, toute velléité de musellement.
Le Palais s’appuie sur un argument de poids pour récuser l’étiquette de « dictature » : la liberté de mouvement et de parole dont jouit le ténor de l’opposition. Entre ses tournées sur les plateaux de télévision internationaux et ses retours réguliers au pays sans être inquiété par la justice, Alain-Claude Bilie-By-Nze incarne, aux yeux du pouvoir, la preuve vivante d’un espace démocratique ouvert. En soulignant ce paradoxe, le porte-parole cherche à décrédibiliser une stratégie de victimisation qui peinerait à masquer la fragilité de la base politique de l’ancien Premier ministre.L’enjeu de ce duel à distance dépasse la simple joute oratoire.
En affirmant qu’une dynamique d’opposition ne peut se construire sur de « petites phrases », la présidence tente de renvoyer son contradicteur à un passé révolu tout en protégeant l’image internationale du Gabon. Alors que le pays scrute chaque signal de l’exécutif, cette réponse médiatique vise à rassurer les partenaires extérieurs sur la stabilité du climat politique, tout en invitant les acteurs de la scène nationale à une opposition de fond plutôt qu’à une guérilla de communication.


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