La Haute autorité de la communication (HAC) a frappé un grand coup en ordonnant la suspension des réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire national. Justifiée par la volonté de lutter contre la propagation de contenus haineux, la désinformation et le cyberharcèlement, cette mesure est présentée par les autorités comme un acte de régulation nécessaire à la sauvegarde de la cohésion sociale. Le gouvernement, qui apporte un soutien ferme à cette décision, insiste sur le caractère « conservatoire » de la manœuvre, réfutant toute volonté de coupure généralisée d’Internet ou d’entrave à la liberté d’expression.
Toutefois, ce tour de vis numérique soulève une vague d’inquiétudes quant à ses répercussions sur l’économie réelle. De nombreux entrepreneurs, PME et créateurs de contenus, dont le modèle économique repose quasi exclusivement sur des plateformes comme Facebook, TikTok ou YouTube, se retrouvent brutalement paralysés. Si certains opérateurs tentent de contourner le blocage via des réseaux privés virtuels (VPN), le coût de ces solutions alternatives et l’instabilité du marché numérique font craindre une baisse significative du pouvoir d’achat et une fragilisation d’un secteur privé déjà sous tension.Sur l’échiquier politique et social, la mesure cristallise les tensions.
Tandis que l’Association des professionnels de l’information et de la communication (Apic) affiche un soutien mesuré tout en appelant à des solutions « proportionnées », l’opposition dénonce avec virulence un abus de pouvoir et une violation des libertés fondamentales. Face à cette levée de boucliers, le gouvernement prône une réforme en profondeur de l’écosystème numérique et appelle à la responsabilité citoyenne. Reste à savoir si ces mesures d’apaisement suffiront à calmer la grogne d’une population de plus en plus dépendante de l’agora virtuelle.


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