Le porte-parole de la présidence, Théophane Junior Nzame-Nze Biyoghe, a livré ce jeudi un plaidoyer vigoureux en faveur de l’action gouvernementale, articulé autour d’un slogan central : « le Gabon avance ». Pour Libreville, l’enjeu est de démontrer que la stabilité institutionnelle retrouvée se traduit désormais par une crédibilité internationale restaurée. Cette nouvelle doctrine se veut résolument pragmatique, transformant la diplomatie en un levier direct de développement économique. L’élection récente du pays au Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union africaine est ici brandie comme le trophée d’une diplomatie qui ne se contente plus de figurer, mais qui entend peser de nouveau dans le concert des nations.
Sur le front économique, ce pragmatisme s’illustre par une offensive de charme vers les Émirats arabes unis. Les accords signés avec des poids lourds comme Abu Dhabi Ports ou la société minière ADMOG Gold dessinent les contours d’une stratégie de diversification accélérée. En ciblant simultanément les infrastructures portuaires, la valorisation aurifère et la digitalisation de l’administration via l’intelligence artificielle, le palais de bord de mer cherche à moderniser l’outil étatique tout en positionnant le pays comme un hub logistique régional. Cette accélération technologique et industrielle vise à rompre avec la dépendance rentière pour bâtir une économie plus résiliente et connectée.Sur le plan social, l’exécutif tente de désamorcer les foyers de tension par une politique de redistribution massive.
Entre le rétablissement des bourses, la construction de logements pour enseignants et l’ouverture de milliers de postes budgétaires — dont 4 000 prévus pour l’éducation en 2026 —, la présidence mise sur l’apaisement par l’investissement. Le volet foncier constitue sans doute l’annonce la plus audacieuse : en visant la délivrance de 50 000 titres fonciers à prix plafonné, le gouvernement s’attaque à un verrou historique de la propriété privée au Gabon. Pour la « Ve République » en construction, le succès de cette trajectoire dépendra de sa capacité à transformer ces promesses de titres et d’infrastructures en une réalité tangible pour le panier de la ménagère.


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