Les services de sécurité gabonais viennent de porter un coup d’arrêt brutal à l’un des circuits d’approvisionnement en stupéfiants les plus lucratifs de la capitale. À la suite d’une filature de quatre jours menée par la Direction générale des services spéciaux (DGSS), une importante cargaison de Skunk SK — une variété de cannabis à forte teneur en THC — a été interceptée dans un entrepôt du quartier Soduco, dans le 5ᵉ arrondissement de Libreville. Cette opération ciblée illustre le renforcement de la surveillance autour des zones de stockage urbaines, devenues les points névralgiques de la redistribution de drogues de synthèse et de produits modifiés dans la sous-région.
Le démantèlement de ce réseau met en lumière une route de la drogue bien identifiée par les analystes : celle partant d’Afrique de l’Ouest, avec le Nigeria comme plateforme de conditionnement et de transit. L’interpellation du cerveau présumé de l’organisation, Doukéré Mamadou, un ressortissant gambien arrêté sur les lieux, confirme la dimension transnationale de ce trafic. Le mode opératoire, reposant sur des colis structurés et une logistique discrète, révèle une professionnalisation accrue des acteurs qui exploitent la porosité des frontières pour inonder le marché gabonais de substances aux effets dévastateurs sur la jeunesse.Au-delà de l’enjeu sécuritaire, c’est l’aspect financier de la saisie qui frappe les esprits.
Avec une valeur marchande estimée à près de 250 000 FCFA la plaquette, le Skunk SK représente une manne colossale pour les réseaux criminels, alimentant potentiellement d’autres formes d’insécurité. En mettant le suspect à la disposition de la justice, la cellule anti-drogue de la DGSS envoie un signal de fermeté aux ramifications locales de ces cartels. Pour Libreville, le défi est désormais de remonter la chaîne des complicités pour assécher durablement ces flux financiers occultes qui défient l’autorité de l’État.


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