Ce lundi 9 février 2026, le dossier du logement a une nouvelle fois franchi les portes du Palais de la Rénovation. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu le ministre de l’Habitat, Mays Mouissi, flanqué d’une délégation de l’Agence Nationale de l’Urbanisme, des Travaux Topographiques et du Cadastre (ANUTTC). Cette audience de haut niveau ne s’est pas limitée à un simple point d’étape ; elle a servi de rampe de lancement à une opération de titrisation d’une ampleur inédite.
Avec 5 000 titres fonciers promis à la délivrance dans les soixante prochains jours, l’exécutif gabonais entend démontrer sa capacité à transformer l’espoir d’accès à la propriété en une réalité administrative tangible.L’ambition affichée par Libreville est de rompre avec la léthargie bureaucratique qui a longtemps caractérisé le secteur. Le cap fixé est audacieux : atteindre, à terme, le chiffre symbolique de 50 000 dossiers régularisés. Pour soutenir cette cadence, le Chef de l’État a instruit la création immédiate d’un guichet unique. Ce dispositif, attendu depuis des années par les usagers, vise à centraliser les procédures pour mettre fin au parcours du combattant entre les différents services du cadastre et de la conservation foncière. En simplifiant ainsi les circuits, le pouvoir cherche à rapprocher l’administration des citoyens tout en assainissant un domaine autrefois miné par l’opacité.
Derrière cette accélération se joue une partition politique et économique majeure. En sécurisant le foncier, le gouvernement ne se contente pas de calmer les tensions sociales liées à l’occupation des terres ; il cherche à dynamiser l’investissement privé. Un titre foncier est avant tout un outil financier permettant d’accéder au crédit bancaire, levier indispensable pour la construction et la relance du secteur immobilier. Pour Mays Mouissi et l’ANUTTC, la pression est désormais maximale : ils doivent prouver que l’appareil administratif peut suivre le rythme imposé par la présidence pour faire du logement le socle du nouveau contrat social gabonais.


Commentaires