L’interconnexion électrique entre les villes frontalières d’Ebebiyin et de Bitam, inaugurée en grande pompe il y a un an par les présidents Teodoro Obiang Nguema Mbasogo et Brice Clotaire Oligui Nguema, vient de franchir une étape cruciale à Djibloho. Réuni du 2 au 6 février 2026, le comité mixte bilatéral a dû s’atteler à un exercice de déminage financier et technique. Loin des rumeurs persistantes sur les réseaux sociaux évoquant un défaut de paiement du Gabon, la rencontre a permis de remettre à plat la comptabilité entre les deux opérateurs nationaux, la SEEG et la SEGESA.
Ce dialogue direct entre technocrates vise à pérenniser une infrastructure vitale pour le Grand Nord gabonais, tout en réaffirmant le sérieux des engagements contractuels de Libreville.L’audit des comptes a révélé des anomalies administratives qui ont alimenté, à tort, la chronique d’un impayé. Après vérification, le montant initialement facturé par la partie équato-guinéenne, s’élevant à plus de 623 millions de FCFA, a été ramené à un « solde réel » de 247 millions de FCFA après correction d’erreurs de facturation et intégration des retenues de services. Ce réajustement technique, loin d’être une simple querelle de chiffres, illustre la rigueur nécessaire dans la gestion des accords de fourniture d’énergie transfrontalière. En conditionnant le règlement du reliquat à la réception de factures actualisées et conformes, la SEEG entend démontrer que la souveraineté économique du Gabon ne s’accommode d’aucune approximation budgétaire.
Au-delà de l’assainissement des finances, le sommet de Djibloho a accouché d’une avancée stratégique majeure : l’augmentation de la puissance fournie. Dès ce 9 février 2026, le plafond énergétique passera de 2 MW à 5 MW, s’approchant ainsi de la capacité contractuelle finale de 8 MW. Cette montée en puissance est le signe d’une confiance retrouvée entre les deux États, au-delà des « campagnes de désinformation » dénoncées par le comité mixte. Pour Bitam, cette bouffée d’énergie supplémentaire est la promesse d’une stabilité économique accrue, prouvant que l’intégration sous-régionale, lorsqu’elle repose sur une transparence rigoureuse, reste l’un des leviers de développement les plus efficaces de la zone CEMAC.


Commentaires