Le climat social et institutionnel à Libreville est de nouveau secoué par une affaire de gouvernance qui met à rude épreuve les nerfs de l’administration de la protection sociale. Une note interne de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), datée du 30 janvier 2026 et signée par son Directeur Général, le Dr Olivier Rebienot Pellegrin, révèle un différend profond opposant les caisses étatiques (CNSS et CNAMGS) à la société technologique Clikafrik. Au cœur du litige : une convention tripartite signée en août 2023 pour un montant colossal de 3,24 milliards de FCFA, jugée aujourd’hui « opaque » et juridiquement fragile par la direction générale.L’analyse technique produite par la CNSS est sans appel et pointe des manquements graves qui alimentent les soupçons de malversation.
Le document dénonce notamment une surfacturation flagrante, comparant l’offre de Clikafrik à une proposition concurrente quatre fois moins onéreuse (800 millions de FCFA). Plus accablant encore, l’évaluation des travaux réalisés par le prestataire ne s’élèverait qu’à 8 % du volume global du marché initial, avec une plateforme jugée « inexploitable » par les experts techniques. Cette situation a poussé les caisses à développer leurs propres solutions internes, court-circuitant de fait un partenaire devenu encombrant.Cependant, le dossier prend une tournure éminemment politique avec l’implication directe du ministère de l’Économie Numérique.
La note souligne des « pressions institutionnelles » exercées par le ministre Mark Alexandre Doumba, qui aurait ordonné en août 2025 l’arrêt des projets internes des caisses au profit de la solution Clikafrik, malgré les risques financiers et opérationnels signalés. Entre accusations de non-respect des procédures de passation de marchés et interventions ministérielles, ce bras de fer illustre les défis persistants de la transparence dans les grands chantiers de digitalisation de l’État gabonais.


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