L’industrie musicale ivoirienne vient de franchir un cap symbolique sur l’échiquier international. Himra, figure de proue de la nouvelle garde du « Rap Ivoire », a officiellement reçu sa première certification Single d’Or en France pour son titre Number One, en collaboration avec le Nigérian Minz. Accrédité par le SNEP (Syndicat national de l’édition phonographique), ce trophée vient récompenser plus de 15 millions d’équivalents streams, confirmant que la déferlante venue d’Abidjan ne se limite plus aux frontières de la lagune Ébrié, mais s’impose désormais avec autorité dans les charts européens.Au-delà du succès commercial, cette distinction revêt une dimension émotionnelle profonde pour l’artiste et sa communauté des « Ultras ».
Dans un message empreint de gratitude et de résilience, Himra a tenu à saluer la mémoire de DJ Arafat, le regretté « Daïshikan », dont l’influence continue de planer sur la scène urbaine africaine. En dédiant cette victoire à celui qui fut le mentor de toute une génération, le rappeur rappelle que cette percée française est le fruit d’un héritage longuement mûri, transformant le « bruit » de la rue en un produit culturel d’exportation de premier plan.Cette première certification pour le rap ivoire marque un tournant dans la compétition qui oppose les scènes urbaines francophones.
Alors que les artistes nigérians ont longtemps dominé le marché mondial grâce à l’Afrobeats, la Côte d’Ivoire prouve qu’elle dispose des ressources nécessaires pour porter sa propre esthétique — hybride et percutante — au sommet. Pour Himra, ce disque d’or n’est pas une fin en soi, mais le signal d’une offensive plus large : celle d’un rap ivoirien décomplexé, prêt à bousculer la hiérarchie de la musique urbaine mondiale.


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